Sept titres en 10 minutes 42 secondes. (Voyons... un peu d'arithmétique... cela fait une moyenne de 1 min 32 s par morceau.) Considérant en outre la célérité de l'exécution, la conclusion paraît inévitable : ces ados sont fous ! Fous et décérébrés ! À ce rythme-là, les Ramones semblent de paisibles et ennuyeux herbivores, des dinosaures léthargiques, de pauvres poulets grillés par la déflagration de la météorite hardcore. Courir se mettre à l'abri dans un bunker isolé acoustiquement serait donc ipso facto la réaction la plus appropriée. En vérité, poule mouillée, ta peur panique n'est pas justifiée. La précision, la subtilité de Jimi et de sa sacrosainte compagnie rendent l'EP quasiment écoutable. Non, il ne s'agit pas ici de rock néandertalien destiné à la seule sphère infra-intellectuelle (que le professeur Jean-Jacques Hublin me pardonne l'abus de langage au détriment de nos cousins). Il n'y a pas seulement l'engagement évident dans le geste, on sent aussi poindre malgré la brièveté des morceaux une intelligence et un humour juif dont votre serviteur est si friand. Les premiers pas des trois garçons bien nantis qui ont révolutionné le hip-hop se firent dans une veine punk hardcore d'où ils se démarquaient déjà par un halo hérité du White Light/White Heat.