Henry Threadgill Zooid – Poof – (2021)
Une sorte d’anniversaire, puisque la formation « Zooid » a fait paraître son premier album, « Up Popped The Two Lips », vingt années auparavant. Le rythme des parutions n’est pas très élevé, en moyenne un album tous les trois ans, mais le précédent date, tout de même, de six années…
Threadgill signe l’entièreté des compos et joue des flûtes et du sax alto, Liberty Eilman tient la guitare acoustique et tricote sur la gauche, Jose Davila se partage entre tuba et trombone, il apporte une des sonorités qui font la signature du groupe, avec le sax alto si typé de Threadgill.
Christopher Hoffman joue du violoncelle côté droit, et Elliot Humberto Kavee tient la batterie, commentant et colorant à souhait…
On croirait une sorte d’orchestre de chambre, se promenant entre jazz avant-gardiste et musique contemporaine, on ne ressent que très rarement ce sentiment de grande densité, qui particularise souvent la musique d’Henry Threadgill.
On se balade dans un parcours se délimitant dans un partage entre écriture et improvisations, cette grande liberté offre à chacun l’opportunité de s’exprimer abondamment, et d’offrir constamment matière à manifester cette originalité qui fait tout le « sel » du jazz…
La pièce la plus expé semble être « Happenstance » où les échanges s’offrent de façon timbrales, à deux ou trois, c’est aussi l’occasion pour Elliot Humberto Kavee d’offrir un solo de batterie un peu long, exercice qui devient plutôt rare, avant d’être rejoint, un par un, par la troupe qui s’ébroue…
Ce n’est évidemment pas l’album le plus accessible concernant la musique de Threadgill, mais il constitue une étape intéressante dans son parcours et séduira les inconditionnels qui retrouveront la « patte » unique du grand musicien.