Ces deux là ont de la classe. La classe d'un folk encore frais après vingt ans de service et qui, après quelques errances, les voit revenir à un lo-fi enregistré en catimini pour leur propre label. Les Indigo Girls gèrent ainsi un vrai retour aux sources de chansons faites à l'ancienne, sans jamais briser leur ligne de conduite en capturant, comme allongées dans un hamac mélodique, des compositions auxquelles il serait difficile de résister. En 35 minutes à peine, le soleil de Californie éclaire la dizaine de ballades constituant Poseidon and The Bitter Bug : entre le romantisme suggéré d'Emily Saliers et les contours plus rocailleux de Amy Ray, chaque titre élève les harmonies vocales vers d'insondables hauteurs pour les transformer en ritournelles héritières des modèles déposés Simon & Garfunkel et Neil Young. A l'arrivée, sans électronique, ni suppléments parasites, l'album gagne sur tous les tableaux. De la douceur des arpèges réduits à l'essentiel (« Digging For Your Dream », « I'll Change », « Fleet Of Hope ») aux coups d'accélérateur pimentés (« Driver Education », « Sugar Tongue », « Ghost Of The Gang »), le duo offre un album équilibré qui n'oublie pas l'engagement des textes sans les faire tomber dans l'obsession ou le militantisme froid ("You take your prospects and your pick axe and you trudge down to the stream, and you bloody your hands digging for your dreams »). En revenant à la simplicité des débuts, Indigo Girls se focalise sur une interprétation sensible, des chœurs magnifiques, une prise de son et des arrangements sans fioritures (mandoline, banjo, guitares acoustiques). Une édition spéciale offre même l'occasion de doubler la mise en effeuillant intégralement les dix titres présents dans leur numéro unplugged intégral. On redécouvrira alors l'album dans sa vérité nue. Et si la dernière chanson, « True Romantic », sonne comme un hymne un peu triste, la lente montée d'adrénaline ne laisse aucun doute sur l'espoir qui doit finalement y fleurir. C'est ainsi que Amy Ray et Emily Saliers creusent à nouveau leur sujet, avec un sens intact de la formule classique. Et ça fait un bien fou.

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AmarokMag
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le 9 janv. 2012

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