Après un premier album en demi-teinte, Power Games fait passer les Suédois dans la catégorie des vrais espoirs du metal mélodique. Plus cohérent, mieux produit, et laissant davantage de place au chant de Jocke Lundholm, cet opus voit le groupe nous proposer des titres chauds, aux lignes mélodiques soignées et originales et aux duels de guitares léchés.
Dès « Firefall », une chanson construite sur un double rythme, le ton est donné : 220 Volt a décidé de nous surprendre. Partant de couplets rapides qui se développent en cavalcade, elle ouvre ensuite sur un refrain plus lent, mais ô combien original, pour ensuite proposer des envolées de guitares du plus bel effet. Une excellente entrée en matière qui se poursuit avec « Airborne Fighter », une pièce étonnante, sur laquelle le chant tisse des lignes surprenantes, à la fois déclamées et torturées, pour mieux nous cueillir sur un refrain hurlé. Un bon morceau qui est pourtant balayé par le hard rock teinté de FM de l’excellent « Over the Top » qui surprend tout le monde. Les apports de Jocke sont évidents, notamment dans la manière d’organiser ce titre qui donne envie de taper du pied, tandis que son refrain possède tous les atouts pour percer dans les charts de l’époque. Le mélange entre les influences britanniques et scandinaves accouche d’un titre imparable. Il en va de même pour la fausse ballade « Night Without End » qui fait ressortir les origines heavy du groupe pour un résultat tout en nuances.
La face B débute par l’excellent « Child or Beast » au rythme oriental et lancinant que viennent rehausser des parties vocales d’une réelle justesse. Sans doute une des plus belles performances de cette année 1984 que l’on peut placer dans la lignée de ce qu’avait proposé Brian Tatler de Diamond Head les deux années précédentes sur Borrowed Time et Canterbury. Pourtant, l’auditeur n’est pas au bout de ses surprises. « Mistreated Eyes » emporte tout sur son passage avec son rythme rapide, ses riffs incisifs et cette voix envoutante qui scotche tout le monde. Un des grands moments de Power Games pour un mélange entre la furie metal et les teintes chaudes du hard rock, un peu comme si l’on assistait à la rencontre entre Judas Priest et Rainbow. L’intensité décroit avec « Don’t Go », un beau morceau mid-tempo qui prouve tout le talent de ce groupe capable de renverser la vapeur sans pour autant faire perdre le fil à ses fans. Le refrain soigné, les riffs efficaces et la section rythmique imparable en font une chanson incontournable. Le disque se termine sur la ballade « Carry On », aux influences venues du blues, qui développe une profonde mélancolie, avant que des duels de guitares et quelques touches d’orgue ne teintent l’ensemble avec un peu de chaleur.
Après ces 35 minutes de pur plaisir, l’auditeur n’a qu’une envie : remettre le vinyle sur sa platine.