Rayons Gamma, le premier album de P.R2B, est de ces disques qui me font voyager dans le temps en faisant affleurer à la surface de très bons souvenirs et, pour celui-ci précisément, en me faisant penser à une personne qui m’a procuré de vives émotions ; tout d’abord heureuses, puis plus pénibles, avant que toutes ces émotions ne s’amalgament en souvenirs où seules les belles choses demeurent – une amoureuse qui m’a aimé éperdument avant de me quitter, si vous préférez. Et bien que l’époque à laquelle me ramène ce disque ne soit pas si lointaine et que je suis resté en contact avec cette personne, elle est malgré tout révolue et c’est avec une profonde nostalgie – mais sans aucun regret – que je m’y replonge désormais.
C’est donc avec un émoi tout particulier que j’accueille ce second album de l’artiste berrichonne, car je sais que son écoute ne pourra être uniquement musicale. Et, en effet, même si j’écoute ce disque seul, même s’il n’est pas le témoin de notre amour naissant comme le fut son grand frère, je sais déjà qu’il me fera également et irrémédiablement penser à toi. Car P.R2B est tellement associée à ton souvenir que c’est carrément sa voix que j’identifie à toi… Et comme la musique est une formidable machine à voyager dans le temps, donc, ce voyage auprès de toi grâce aux mélopées de P.R2B demeurera immuable, quels que soient les chemins que le destin choisira de nous faire emprunter.
Je m’épanche, mais, hormis ces considérations personnelles, que vaut ce nouvel album de P.R2B ? Et bien, passé la stupeur de la première écoute – stupeur due au style très différent comparé au premier opus de l’artiste – et après avoir pris le temps de bien m’imprégner de chaque microsillon de la galette vinyle reçue le jour de mon anniversaire (ce n’est pas un hasard si j’ai attendu longtemps avant d’écrire cette chronique), je peux dire que j’aime ce disque.
L’univers musical que se construit Pauline Rambeau de Baralon est singulier et ô combien puissant. Un univers en marge de l’industrie musicale, loin de toute ambition mercantile, et qui la place loin devant le tout-venant. Des textes forts et, même si elles sont moins nombreuses cette fois-ci, des mélodies imparables qui me font vibrer et me font sentir vivant.
Et d’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, j’ai décidé de ne pas aller travailler et d’écouter plutôt de la musique, et ça fait un bien fou ! Je vous le recommande donc également !