Et oui, P.Diddy (ou Diddy, aujourd'hui) est surtout connu pour son compte en banque bien rempli, synonyme de voitures de luxe, de yachts privés à Saint Trop' et de bouteilles de champagne à 100 000 dollars, généreusement ingurgitées lors de soirées « hype ».
Mais Diddy, c'est avant tout un autodidacte, qui depuis sa naissance dans le quartier de Harlem à New York, s'est prédestiné au métier de producteur. Car Sean Combs est quelqu'un qui a du flair, ce qui le mènera jusqu'à un certain Christopher Wallace, alias Notorious B.I.G, a.k.a Biggie. Inutile, je pense, de vous faire la présentation du Monsieur.
Une amitié solide se créer, se traduisant tout d'abord par un succès professionnel, lorsque les deux acolytes se produisent avec de futurs poids-lourds du game ricain' : Jay-Z, Nas, en tête. Jusqu'à la naissance de Junior M.A.F.I.A, le groupe de Biggie qui va dominer l'industrie du Hip-Hop américain à partir de 1995. C'est la célèbre concurrence et bataille de la East Coast / West Coast...
Une bataille qui entraînera la mort brutale de Biggie en 1997, dans des circonstances plus que troubles. Et c'est à partir de là que Puff (à l'époque) décide de se lancer dans une carrière solo.
L'album du succès : « No Way Out », 1997. Les ventes s'arrachent. Les records explosent. Un artiste est lancé.
Après deux autres albums studios à deux ans d'intervalle, entrecoupés de B.O à succès (« Godzilla », « Bad Boys II »), Diddy fait une longue pause de cinq années, pour se remettre en lecture en 2006, avec l'album « Press Play ».
Un album que j'ai réécouté il n'y a pas longtemps, d'où ma critique aujourd'hui. Alors, « Press Play » est clairement la preuve sonore que Diddy est en avance sur le game. Car cet album était en 2006, ce qui se fait en Rap « grand public » en 2012. C'est à dire un Hip-Hop rythmé, avec des sonorités électrisées et électronisées. Et encore, certains skeuds d'aujourd'hui sont loin d'arriver à la hauteur de la tracklist de « Press Play ».
De fait, on sent bien l'âme du producteur au sein de ce quatrième album studio. L'artiste amène un air frais dans le game, jonglant entre des morceaux planants, lourds, aériens...
Les beatmakers sont « al » et sortent leur meilleur cru de l'époque : Timbaland, Danja, Just Blaze, Kanye West, The Neptunes, Havoc et Diddy, bien entendu.
La tracklist est hétéroclite et musicalement polychrome, tout en créant une identité singulière et un univers cohérent. Du très bon travail de ligne artistique, en somme.
Une sélection de tracks pour illustrer mon propos : « We Gon' Make It », « The Future », « Wanna Move », « P.Diddy Rock , « Everything I Love », ou encore « After Love ».
Il reste, bien entendu, des tracks plus commerciaux, pour porter l'album financièrement parlant. Mais du track commercial qui n'a pas à rougir, si on le compare à la concurrence de l'époque...
Bref, « Press Play » est un album de qualité, très chargé et très travaillé. Un album « grande consommation » comme on n'aimerait en voir plus souvent. Mais seuls des artistes comme Diddy peuvent équilibrer leur échantillonnage entre la variable « grand public » et la variable « qualité ».
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