Comment rester de marbre face à la musique de Sampha ? C'est la question qui ressort après l'écoute de cet album subtil et envoutant. L'artiste britannique avait, dans le passé, collaboré avec Drake, Kanye West ou Solange. Dans Process, il propose une musique chaleureuse et profonde.
L'ouverture (Plastic 100 °C) sonne comme une invitation. La voix douce et rauque sublime le titre où les quelques cordes accompagnent les percussions avec une belle harmonie. Dès le deuxième morceau, le tempo s'installe, plus rapide et énergique. L'amplitude de la voix est remarquable, le beat est marqué, le refrain "Blood on Me" est entraînant! Dans le prolongement, Kora Sings plane quelques instants, avant de s'envoler dans des univers Soul et électro qui se marient parfaitement. Les percussions apportent un vrai plus à l'ensemble. On bascule sur (No One Knows Me) Like the Piano, teaser de l'album. Piano solo, le morceau (écrit en l'honneur de sa mère décédée) est d'une pureté folle, portée par quelques choristes en toile de fond. La voix est sublimée, tout simplement. Dans la lignée, Take Me Inside va encore plus en profondeur, décuplant toutes les capacités vocales du génie britannique. Les sons électro en fin de morceau rendent l'ensemble jouissif et lunaire! La suite est tout aussi réussie : Reverse Faults et Under sont sophistiqués, proposant un mélange sensible entre musique urbaine et mélancolie soul. Timmy's Prayer est plus nuancé, proposant une lenteur certaine avec une accélération finale qui sonne comme une véritable explosion musicale. Après un Incomplete Kisses qui invite à la réunion des genres, on arrive sur l'interrogation finale What Shouldn't I Be ? Cette conclusion douce et apaisante nous transperce. Elle ancre l'album dans nos mémoires, faisant de Sampha le nouveau petit génie de la soul-électro.