C'est presque honteux d'apprécier No One Is Innocent quand on a un peu de culture musicale. Cet album fait table rase de leurs efforts pour se démarquer de l'influence très forte (et ça été le cas dès leur premier album) de RATM. Et pourtant, c'est lorsqu'ils jouent les clones de la bande à Morello à fond (car les pistes pop à la Holy Fire sont carrément pénibles à écouter pour moi) qu'ils sont le plus efficaces. Pour apprécier Propaganda, il faudra donc oublier le groupe de Los Angeles et faire l'impasse sur les textes qui enfoncent les portes ouvertes (mais bon, le propos n'est pas non plus débile et c'est plutôt bien écrit, Kemar n'ayant jamais eu de mal à bien faire sonner notre langue, ce qui n'est pas si fréquent dans le rock français). Si on y arrive, difficile de lutter l'efficacité d'un titre comme Silencio, par exemple, qui est extrèmement bien foutu et qui donne envie de remettre le CD sur sa platine régulièrement.