Lydia Lunch est une artiste pluri-disciplinaires, chanteuse, poétesse, actrice, écrivaine. Sortie d'une expérience en groupe avec les Teenage Jesus and the Jerks, elle décide de mener sa barque en solo.
Le résultat en est assez fascinant. Une musique extrêmement radicale, expérimentale, parfois punk, mais pas tant que ça, détournant le jazz pour en faire quelque chose de plus sombre, inquiétant. Ainsi, elle détourne le Gloomy Sunday de Billie Holliday pour en faire un truc plus proche du Sunday Morning des Velvet que de la version originale.
Et puis, tout d'un coup, au quatrième morceau, Sppoky, elle met un peu de brillance, un peu de groove, un peu d'envie de danser. Alors que jusqu'ici, on ne pouvait pas prétendre savoir exactement de quoi cette reine du Siam nous parlait.
Et donc, on oscille, dans cet album, entre du jazz, du be bop, du cabaret, du punk, du no wave (le mouvement dont elle provient), voire on mixe le tout pour donner une ambiance incomparable, toujours très théâtrale.
Les paroles ajoutent à cette ambiance un poil trouble, c'est un euphémisme : ça parle nihilisme, provocation, violence, manipulation, déception. Bon, on survit, et visiblement, c'est déjà bien.
L'album, exigeant reste pourtant quelque chose d'assez abordable, mais quand même pas à mettre à portée des oreilles les plus délicates ni les plus impressionnables.