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96 critiques
Power
Une ligne de basse. Une ligne de basse sur laquelle s’ajoute doucement la batterie, qui monte en puissance. Puis c’est parti, Morello rajoute sa guitare, Zack de la Rocha prononce les premières...
le 16 août 2016
Le titre de la critique est inspiré par ce qu'avait dit texto l'écrivain Maurice G.Dantec dans une entrevue de "Mes Disques À Moi" pour Rock&Folk en 2000 : "J'ai musicalement apprécié le premier album, mais j'ai tout de suite vu le truc, Che Guevara sur les amplis, la révolution chez Sony ! ..."
En 1992, le rock est revenu en force depuis quelques temps (oui, je me répète) ; depuis l'explosion Nirvana, il se majorise dans bon nombre de radios F.M., à commencer par Fun Radio vers la période Doc et Difool (Ouï FM, autre radio plus rock, ne s'étendait pas plus loin que la région parisienne à l'époque, alors ... ). Des ados en mal de rébellion se trouvèrent des groupes en porte-étendards de leurs émotions de nouveaux dépucelés (ou pas encore) indignés face aux horreurs du monde, et sentirent leur proue pénienne prendre de la masse et dévier leur centre de gravité corporel au point d'étirer leur petite sourdine de leur fondement. Et Rage Against The Machine passait souvent sur Fun Radio.
À l'époque, un pote me parla d'un groupe qui faisait du rap mais avec des instruments de rock et dont il avait vu une publicité à la télévision. Il ne sut me dire le nom du groupe sur l'instant mais, lisant beaucoup la presse musicale de mon côté, il ne fut pas difficile de trouver ce dont il parlait et, ni une ni deux, le premier album acheté à la Fnac arriva à la maison.
Le chanteur, Zack De La Rocha y est tel un Géronimo latino dreadlocké rappant ses hurlements vindicatifs. Talentueux et inventif, Tom Morello est comme un nouveau Jimmy Page, triturant agilement sa guitare pour nous sortir des trouvailles sonores. Brad Wilk et Tim Commerford claquent une rythmique sur le pied de guérilla avec "Freedom" en exemple qui conclut l'album. Et des groupes qui faisaient du bruit, nous aimions ça mon pote et moi, Rage Against The Machine dans le lot avec Noir Désir, Sonic Youth, Nirvana, Les Thugs, etc...
Politiquement engagé et pas qu'un peu, Rage Against The Machine marque la scène rock du premier coup avec cet album choc qui lâche dix bombes inflammables sous une pochette à la photo devenue célèbre de ce moine en train de s'immoler. L'immolation pour nous, elle est ici sonore avec un mélange de rap, de rock, de hardcore, de hard-rock (choisissez la ou les mentions qui vous conviennent parmi les trois dernières) avec un peu de funk, tout cela afin de nous éveiller contre la machine, celle qui, capitaliste assurément, sponsorise de grands festivals pour attirer et voir des groupes qui dénoncent le système qui réunit en troupeau les mélomanes de divers horizons venus consommer, se bourrer la gueule ou fumer du shit ... En plus de vivre de bons moments. Malgré cette ironie, ce premier album permet musicalement de se recharger un bon coup en s'enfilant les dix shots et de méditer sur pourquoi le monde n'a toujours pas changé, après tout dans un "cycle terminal de la marchandise rock" (je reprends encore Dantec).
J'y mets peut-être de la mauvaise foi dans ce que j'écris. Probablement qu'écouter ce brûlot doit encore inspirer aujourd'hui des idées fortes par les textes de De La Rocha pour des uns, quand des autres ne se contentent que de la musique dans un confort matériel dans une société inégalitaire dont une partie des auditeurs n'en a que foutre.
Titres préférés : "Settle For Nothing" par ses calmes couplets avant les orages des refrains, "Bullet In The Head" et "Freedom" pour les climax attendus des outros.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs albums de rock et Les meilleurs albums de 1992
Créée
le 2 mai 2026
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