Tourne ta langue 7 fois dans tes oreilles avant de parler
Quand Homework et Discovery mettaient une claque monumentale à à peu près tout le monde, Human After All créait déjà la scission mais n'en était pas moins un album de qualité qui s'écoute encore aujourd'hui, dans la lignée de ce que savait bien faire le duo. Avec Random Access Memories, les daft ont pris le pari de prendre un gros virage musical et d'arriver tout de même à séduire les fans et les moins fans. Après une promo mystérieuse basée sur le principe du "plus t'en veux, moins je t'en donne", saucée par une déferlante populo/médiatique sans précédent, on écoute enfin cet album qui par moment nous oblige à esquisser quelques grimaces de déception.
Et plus on écoute cet album (parce qu'on écoute quand même le nouvel album des daft hein) plus on le comprend. On le réécoute encore une fois et on remarque des choses qui nous avaient échappées. On l'écoute encore et encore, jusqu'à ce que la magie opère et qu'on se rende compte que ces deux mecs là sont véritablement de putains de génies de la musique.
La maîtrise et la précision avec laquelle le groupe ajuste ses notes et juste incroyable. Je pense à "Instant Crush", dans lequel la mélodie s'allie à merveille à la voix -très proche du style des daft- de Julian Casablancas des Strokes. Dès sa sortie "Get Lucky" a posé les bases ; le temps de cet album, on va remonter le temps -Vinyle- et retrouver des classiques que les plus jeunes (dont je fait partie) n'ont pas eu la chance de découvrir. Et ça fait tellement du bien. Le changement lorsqu'il est utile est appréciable et je ne doute pas qu'un nouvel album sortira rapidement pour remettre les choses en place, pour dire à ceux qui pensent que le groupe s'est perdu qu'il n'est en réalité que trop intelligent et largement en avance sur son temps (c'est pour le paradoxe).
Le final de l'album et ce son venu de l'espace qu'est "Contact" nous offre la possibilité de décoller, de repousser les limites auditives (pour moi c'est une première !), tout en nous rappellant que Thomas et Guy sont déjà loin, trop loin, voir même insaisissables. Du grand art.
Mais il suffit d'entendre "Touch" pour définitivement comprendre que cet album n'est en réalité qu'un hommage à ceux qui les ont influencés, mettant un terme définitif à toutes les théories qui les accablent de n'avoir aucune sensibilité.
Après tout, ils sont humains.
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