Ça fait du bien de temps en temps de tomber en adoration totale devant un album, comme ça, sans prévenir. C'est ce qui m'est arrivé avec ce premier album de Magazine, mais un peu en retard, pas immédiatement. Mes premières écoutes, assez espacées, étaient plutôt bonnes, mais ce n'est vraiment qu'après que cette œuvre m'a totalement happé. Il s'agit en fait d'un des albums les plus bizarres du post-punk, dégoulinant d'une fantaisie et d'une étrangeté souvent absentes de ce genre austère. Un album totalement unique, qui invente son propre monde, une sorte de carnaval perpétuel ("The Great Beautician in the Sky") qui rappelle finalement plus la campagne que la ville, contrairement à la majorité du post-punk. Il y a beaucoup de synthé, de la guitare parfois très tranchante ("Shot by Both Sides", monstrueux), quelques restes de punk ici et là (surtout sur "Recoil" en fait), et la voix étrange d'Howard Devoto qui nous guide dans cet univers bariolé mais légèrement inquiétant. Un Devoto qui se fait moins frénétique sur les deux titres plus calmes et émouvants, les superbes "Motorcade" et "Parade".