David Linx – Real Men Cry - (2025)
On reste en Belgique avec David Linx le Bruxellois, dont je vous avais présenté, il y a pas mal de temps, « Be My Guest », ce qui fait peu d’interactions phonographiques sur ce fil, mais il y a également les traces de concert choppées sur Mezzo, assez nombreuses il y a quelques années.
Il est vrai que David a bénéficié par son statut de voisin préféré, d’un accueil un peu privilégié, par les médias en général, mais évidemment il y a également le talent, qui ne s’arrête pas seulement au chant, le concernant, car il est également auteur-compositeur, mais aussi catalyseur de savoir-faire, car il sait, mieux que quiconque, bien s’entourer.
Les amis sont là, Gregory Privat au piano, Hermon Mehari à la trompette, Chris Jennings à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie, quatre musiciens d’exception réunis à l’Alhambra Studio de Rochefort pour crier ensemble que, oui, « Les Vrais Hommes Pleurent » !
Hermon Mehari est le dernier arrivé dans cette réunion de proches, sa trompette se tient en équilibre avec le son de la voix et prend avec habileté la place qui lui est offerte, et remontent les souvenirs de Chet Baker qui remplissait les deux rôles à lui seul, ou de Clifford Brown avec Helen Merrill…
Alors oui, c’est un album sentimental, tendre et même parfois intimiste, qui nécessite de la part de l’auditeur le goût des choses parfois un peu larmoyantes, ou tournées vers le temps qui est passé, avec la nostalgie qui remonte, les larmes sont aussi convoquées comme la manifestation visible de la sensibilité, ou de la gorge qui se serre lors des moments de tristesse, et que tout déborde, hormis la dignité, car, oui, « Les Vrais Hommes Pleurent » eux aussi !
Le chant est en anglais ce qui peut ressembler à une barrière, ou dirons-nous à une non-facilité, mais l’écrin est sous forme livresque et les paroles sont écrites à l’intérieur, pour une communion plus profonde. La forme est donc celle de chansons qui se suivent et s’enchainent, comme lors d’un récital, le jazz est encore là, par le jeu des accompagnateurs mais aussi de la voix qui figure un instrument à part entière.
Linx fête par cette sortie son arrivée dans la soixantième année, un âge certain pour le chanteur qui a conservé ses capacités vocales, ils sont assez peu sur ce créneau un peu ancien et formaté, comme des résistant d’un art passé qui refuse de mourir et de laisser la place, car la résistance est nécessaire tant qu’il reste des amateurs de ce genre un peu ancien, un peu kitch, mais tellement essentiel !