Ils sont de retour. Après six longues années d'attente, les Strokes reviennent avec leur septième album, Reality Awaits. Un disque attendu, mais qui ne manquait pas de susciter des appréhensions chez certains fans.
Pour ma part, il est difficile d'écrire une critique totalement objective. Je suis accro au groupe depuis qu'un pote m'a prêté Room On Fire au collège. Egalement grand fan des Voidz et de la carrière solo d'Albert Hammond Jr, j'avoue cependant m'être moins penché sur les projets des autres membres du groupe.
Mais une chose est sûre, j'attendais cet album avec une grande impatience. Alors, six ans après le génial The New Abnormal, ils proposent quoi les Strokes?
Pour faire simple : j'ai adoré. La première écoute m'a directement convaincu.
Les Strokes (re)prennent ici des risques en adoptant une direction artistique affirmée, avec l'utilisation de synthés et d'auto-tune (ça n'est pas du vocoder, ne confondons pas un four et un lave-vaisselle). Pourtant, le groupe garde son identité : les guitares sont toujours aussi tranchantes, les rythmiques de batterie spnt fidèles au style du groupe (même si leur son évoque parfois une boîte à rythmes). Julian conserve son sens de la topline, tandis que les instrus du groupe, apparemment issus de jam, se montrent inspirés et d'une belle sensibilité. Et oui! les Strokes n'ont rien perdu de leur finesse et de leur qualité d'écriture.
L'ambiance générale de l'album est plutôt sombre. Une mélancolie chaotique se ressens lors de l'écoute, loin de l'énergie "fun" que pouvait laisser présager le premier single, Going Shopping. Pas le meilleur morceau de l'album d'ailleurs, même s'il n'en est pas moins super catchy.
Parlons justement des morceaux. Sans disserter sur chacun d'entre eux, on peut distinguer plusieurs ambiances:
• Une énergie "Strokes", avec les excellents Going To Babble On (qui reprend le thème composé pour la campagne de Maya Wiley à la mairie de New York) et Lonely In The Future
• Des ballades plus douces et sensibles, comme Falling Out Of Love et Liar's Remorse (j'ai particulièrement adoré ce dernier)
• Une approche plus "expérimentale" (entre guillemets parce qu'on reste quand même dans une pop-rock au format "classique") avec Dine N'Dash, Psycho Shit et The Fruits Of Conquest (qui est probablement le morceau qui m'a le moins convaincu de l'albim).
On ressent l'influence des Voidz tout au long de l'album, mais également un sens mélodiques que l'on peut retrouver dans les albums d'Albert Hammond Jr.
Les textes sont eux aussi marqués par une certaine tristesse, une forme de désillusion qui traverse l'ensemble. Julian Casablancas nous livre une écriture introspective, même si l'on trouve des touches satiriques (Going Shopping), il s'attaque aux médias et à un certain youtubeur critique musical.
Au final, Reality Awaits est un album d'une grande qualité. Certains auditeurs passeront malheureusement à côté en raison de leur allergie à l'auto-tune (qui ne semble pas poser problème sur Instant Crush). L'album finira par gagner le cœur des plus sceptiques.
Pour les autres, laissez-vous porter par ces morceaux, cette ambiance sombre pop, rock et électronique.
Les Strokes sont de retour, et ça fait du bien.
Ne nous refaites plus attendre 6 ans s'il vous plait.