On se souvient du dernier album de Sylvain Rifflet, « Troubadours » dont il avait été question ici il y a environ un an et huit jours, un fameux album qui m’a marqué, sans défaut. Parfois dans les temps un peu plus lointains a-t-il, peut- être, été un peu inégal, pas excellent tout du long, mais ce temps est bien fini, l’œuvre se tient debout, exigeante !
Justement, un concert vu et revu il y a quelques mois sur Mezzo avec des morceaux bizarres, « Jean Moulin », « Greta T. », « Olympe » ! Sylvain Rifflet et son complice Jon Irabagon qui, avec les saxophones, suivaient les intonations des voix enregistrées d’André Malraux, de Greta Thunberg ou de Jeanne Added qui prononçaient des discours célèbres, comme celui qui accompagne l’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon, celui de Greta Thunberg concernant l’urgence climatique à l’ONU ou bien encore la déclaration des droits des femmes d’Olympe de Gouges.
Un fameux concert qui célèbre et glorifie, ça secoue toujours un peu, a-t-on besoin de modèles, de révolutionnaires et de repères pour mieux grandir ? Sans doute répondent Sylvain et Jon car l’album se nomme « Rebellion(s) ». Il est question également d’Emma Gonzalès qui dénonce la puissante N.R.A. aux Etats-Unis et de Paul Robeson, tout à la fois acteur, athlète, chanteur et militant des droits civiques afro-américain. Musique et révolte, jazz et rébellion se sont toujours mêlés et confondus dans les luttes pour la justice et les droits.
Il faut ajouter également la participation de Sébastien Boisseau à la basse et de Jim Black à la batterie qui forment la rythmique du quartet de cet album. Celui-ci a été enregistré en studio à Budapest en Hongrie, c’est sans doute la raison de ce livret écrit en anglais et traduit uniquement en bulgare. Il faut signaler que l’album reste un peu secret, discret dans sa diffusion, il y a eu quelques traces de fichiers mis en place sur bandcamp et très vite enlevés, une distribution un peu confidentielle, rien sur discogs, pour ma part je ne l’ai trouvé qu’à la Fnac.