Régénération d’un genre stagnant

Au milieu des années 2000, des artistes de la scène house française comme David Grellier (Collège) ou encore Kavinsky, créaient de la musique dans le style des musiques de films des années 1980. Le genre Synthwave était né.

En 2010, Kavinsky connaissait son heure de gloire avec son single Nightcall célèbre dans la séquence titre du film Drive (2011) et avec son album Outrun (2013). Un album considéré par beaucoup comme la Rolls Royce du genre.

Depuis, la Synthwave avait du mal a avancer même si certains artistes comme Carpenter Brut ou Perturbator arrivaient à lui redonner ses lettres de noblesse au milieu des années 2010.

C’est dans ce cadre compliqué pour le genre, que 9 ans plus tard, Kavinsky est de retour avec Reborn. Un album qui est exactement ce qu'il est dit sur sa boîte - à savoir une régénération du son de l'artiste avec une nouvelle sensation intemporelle et expérimentale à la clef.

Avec ses morceaux plus lent, Reborn pourrait au premier abord sonner comme une compilation de faces B du très upbeat Outrun. Mais s'arrêter à ce niveau de lecture serait dommage car les influences Synthwave et le saxophone qui imprègnent ce projet futuriste, aident à créer un paysage sonore qui permet à Kavinsky d’élargir le récit conceptuel de son précédent album avec un regard cinématographique accru.

Alors que « Trigger » et « Zombie » présentent des rythmes époustouflants et un clavier rythmique inspiré de l'anime japonais des années 80, « Renegade » avec Cautious Clay se démarque en sonnant comme un different type de production des 80’s qui aurait très bien pu être attribué à The Weeknd.

Il y a aussi « Goodbye » (feat. Sébastien Tellier) qui propose une production stellaire avec ses paroles poignantes et son piano ou encore « Zenith » et ses synthés fluctuants, ses éclairs d'harmonies complètes et sa guitare électrique rugissante.

La synthwave stagnait depuis ses heures de gloire et un petit changement de direction semblait nécessaire. Et dans ce contexte, Reborn se présente comme un pastiche rétro convainquant qui ralentit intentionnellement pour nous permettre de comprendre le chemin parcouru depuis.

Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : «Renegade», «Goodbye» et «Zenith».

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le 29 juil. 2022

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