Pour moi, oui, tout simplement, dans cet album, Lino nous laisse entrevoir tout son talent en ce qui concerne l’écriture, et laissez-moi dire que c’est plutôt pas mal.Le projet est d’une richesse folle, pas par le nombre de titres mais par ce qu’ils contiennent, même si ces derniers — à mes yeux seul léger souci de l’album — sont trop inégaux. Certains sons, une minorité certes (peut-être 4 ou 5), sont bien moins bons que le reste et peuvent donner un mauvais a priori du projet, malgré leur qualité tout de même très grande, mais, comme dit précédemment, pas à la hauteur.Cela est d’ailleurs normal : tenir sur 15 titres un tel niveau aurait été un exploit, plus que l’album ne l’est déjà, car le reste n’est qu’une mine d’or de tout ce qui fait ce que l’on peut appeler du bon rap.En effet, L nous donne un nombre de punchlines énorme, c’est un véritable festival. On peut d’ailleurs dire qu’elles sont aussi nombreuses que bonnes (et elles sont vraiment nombreuses). Ces dernières sont formées, pour la plupart, de références culturelles au rap, au cinéma ou encore à la poésie, venant y ajouter de la richesse et de la finesse, créant des punchlines mémorables, forçant le respect et mettant notre 12e lettre de l’alphabet au statut des plus grands lyricistes du rap français, empêchant même Rimbaud de dormir si ce dernier était encore des nôtres.Il écrit comme un poète, et il le sait. Cela lui permet donc d’assumer un fort ego, justifié sur ses sons, et de se poser comme une sorte de roi du rap, possédant le droit de juger ceux essayant de faire de même. Puisqu’il constate que « le rap n’est plus » et tente de le réanimer.Sinon, comme à son habitude, et comme on l’avait compris jusque-là, il dit ce qu’il pense, et si t’es pas d’accord, c’est pareil. Même si, à certains moments, ne pas être d’accord relèverait d’une certaine hypocrisie : « Le truc, c’est pas de dire la vérité ou non, c’est qui veut l’entendre », dans l’outro éponyme. Cela, bien que comme tout point de vue subjectif, s’avère assez réel, et ne pas vouloir entendre cette vérité serait donc hypocrite.Pour finir, je m’attarderai juste sur les titres les plus marquants : tout d’abord les trois premiers sons, qui sont un déferlement de tout ce qui a été dit précédemment et représentent à eux trois tout le projet et l’écriture de Lino ; ensuite Wolfgang, d’une richesse phénoménale ; Suicide commercial, dans le même style, s’affichant comme un chef-d’œuvre ; Ne m’appellez plus rappeur ; et enfin l’outro Requiem, d’une lourdeur phénoménale, pouvant à mes yeux rivaliser avec d’autres monuments tels que Testament de Rohff.