Resavoir – Resavoir – (2023)
Après l’album de deux mille dix-neuf, appelé sobrement « Resavoir », voici celui de deux mille vingt-trois appelé tout aussi sobrement « Resavoir ». Je présume, avec une certaine malice, qu’en deux mille vingt-sept, paraîtra un nouvel album, également sobre, du nom de « Resavoir ».
Le précédent avait été une excellente surprise, c’est fort de cet enseignement que je me plonge dans cette nouveauté reçue ce jour. Resavoir, c’est avant tout un homme, Will Miller, producteur de musique et compositeur de Chicago, il s’entoure de nombreux musiciens de la scène locale pour mener à bien ce projet, publié par International Anthem.
Et voilà qu’au sortir des « Granges Brûlées » de Jean-Michel Jarre, me voici plongé dans une sorte de proximité musicale, effaçant d’un coup les années qui séparent ces deux œuvres, y trouvant une sorte de cousinage, une parenté familiale non revendiquée mais évidente…
Ce qui m’avait bien plu lors du premier volet c’est cette immersion dans une sorte de flot musical liquéfié et enveloppant, qui emporte et fait voyager confortablement installé, presque à votre corps défendant, on retrouve cette même magie ici, et on pense aux « paradis artificiels » d’autrefois, car il y a ce même processus, la musique faisant office d’élément moteur qui déclenche et organise le phénomène.
Certes on ne s’en plaint pas, s’estimant même chanceux et, s’il y a duplicité, on y accorde aisément son consentement et rien d’autre ne compte, ni le nom des musiciens ni celui des morceaux, leur durée même, évidemment trop courte, ne fait pas grand-chose à l’affaire, ni cette pochette et ce qu’elle représente, pas si terrible que ça, par ailleurs, quelque-part entre poissons-volants et roquettes meurtrières…
Alors on pourrait appeler ça « jazz », mais il y faut un peu de mauvaise foi, « électro » est à la mode et conviendrait assez bien, ou encore « musique de relaxation » qui me semble carrément juste, mais sans doute un peu réducteur, plutôt un mélange de tout ça conviendrait, en fait.
Ça ressemble à de la musique facile, car elle est facile à écouter, mais l’apparence est trompeuse, car pour arriver à un tel résultat il a fallu passer par l’organisation de jam sessions improvisées, comme autrefois dans les clubs de jazz, mais transposées dans notre monde d’aujourd’hui avec l’électricité, les synthés, le hip-hop et la soif de s’échapper de ce monde pour plonger dans cet « ambient » divergent…