Érik Truffaz – Revisité – (2001)
Truffaz, ça mange pas de pain, ça glisse facilement et ça plaît aux pékins qui passent, kelke soit l’âge ou la culture, c’est du prédigéré, avec classe siouplaît, souvent on en redemande et ça se vend bien, et même très, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Blue Note, y sont pas cons, c’est pour ça qu’ils le gardent si longtemps, Érik, c’est inusable avec un rapport qualité/prix, investissement/bénéfice, imbattable sur la durée…
Ici c’est le Truffaz Quartet, avec Truff à la trompette au moins, Marcello Giuliani à la basse, Patrick Muller au piano au moins et Marc Erberetta à la batterie au moins. Et puis il y a les invités, ce sont les vedettes, les nouveautés, c’est sur leur prestation que tout va se jouer, ils sont soigneusement sélectionnés, tous Truffaz-compatibles, c’est là que sont pipés les dés pour un retour gagnant assuré.
Le projet ici c’est de revisiter le matériel déjà existant, et de le faire réinterpréter à la sauce électro. Les invités se succèdent et proposent une nouvelle lecture. La première pièce proposée, « The Dawn part I », est interprétée avec la participation de « Mobile In Motion », c’est-à-dire Christophe Calpini, une connaissance personnelle de Truff qu’il propulse ainsi.
La seconde pièce est toute Davisienne, tellement que c’en est quasi trop, Pierre Audétat est l’invité, et « Less » leur terrain de jeu, on est content de ré-entendre Miles si longtemps après, Audétat est également un vieil ami de Truffaz et, comme on dit dans certains milieux, « tout va quand l’électro va » …
On grimpe un peu en notoriété avec Alex Gopher qui joue sur « Bending New Corners », un titre un peu plus long avec une voix rap qui groove bien, du coup la pièce s’envole et séduit davantage.
L’invité qui suit est une sorte de montagne de la préhistoire, imaginez, Pierre Henry lui-même, cette « Pierre » pourrait être de Rosette, pour ce qui concerne l’électro, vestige de la musique concrète qui joue là son tout premier « remix », pas de sampler mais une belle leçon d’électroacoustique. Il joue sur « More » en trois parties, pour une durée de près de douze minutes.
DJ Goo nous offre une belle version de « Siegfried », ambiance cool toujours, on apprécie, particulièrement Miles qui est caché derrière un rideau, avec le temps, une partie des effets qui sont là ont sans doute pris un petit coup de vieux...
Puis l’excellent Bugge Wesseltoft arrive et met sa « patte » sur « Sweet Mercy », avec personnalité il s’impose pour le meilleur, on est content. Pour finir « Mobile In Motion » revient pour présenter la seconde moitié de « The Dawn Part II », possiblement aussi bonne que la première…