Les riffs de Rose Clouds of Holocaust pincent des cordes comme on écorche la peau. Ce sont de simples mélodies néo-folk, sur lesquelles la voix vient poser son écho hanté. Les fleurs, ici, n’ont plus rien à voir avec le folklore hippie des années 60. Beaucoup plus dans un registre néo-romantique que flower power, lorsque Douglas Pearce évoque les roses, ce sont d’abord celles communes. Roses communes. Charniers. Guerre et sentiments.


Cette épineuse, elle-même, partage plus en commun avec les bourreaux païens qu’avec les martyrs chrétiens, et cela dit, dans un phénomène d'inversion, peut-être verra-t-on ici l’occasion pour Douglas Pearce de réaliser une synthèse victime-bourreau. Disons-le, c’est peut-être la définition même du sacré. Dans son mouvement giratoire, Eros et Thanatos, désir et mort, parole et violence, finissent par s'unir.


Un fait notable : la finesse des arpèges de synthé. Disséminés déci delà comme des gouttes de rosée perlant timidement en surface, la musique de DiJ s’en trouve fortement texturée : une ou deux guitares, un synthé, une voix et des glitchs.


Les roses en question, prennent la couleur des nuages, ou l’inverse. La peau sent l’ombre, au crépuscule perçant à travers les décombres. Ceux de l’Europe ruinée par sa succession de massacres. Désir d’apocalypse. La rose symbole de sang, de secret, de sacrifice, toute la polysémie du martyr déployée à la faveur d’une guitare acoustique, purificatrice, aux cordes un peu grasses à cause de la réverbération. Amour. Couteau.


La magnificence de la voix poétique, signée Douglas Pearce, ne laisse aucune place au doute. Il s’agit d’un des chefs d’œuvre légué par l’inénarrable et immense Douglas Pearce, à la fin du siècle dernier. Grand. Grand. Grand.




Pikbilis_
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le 3 avr. 2026

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