Joe Lovano – Rush Hour – (1995)
Joe Lovano, né Joseph Salvatore Lovano a vécu dans l’Ohio, à Cleveland. Son père, barbier le jour devenait le redoutable saxophoniste ténor Tony « Big T » Lovano, la nuit. Inutile de préciser que le petit Joe fut élevé dans l’amour du jazz et du saxo, et qu’il en retira un grand bénéfice.
Il est devenu un grand maître de l’instrument et fait partie des musiciens les plus célébrés aux States. Cet album de quatre-vingt-quinze le dévoile en pleine maturité, avec la considération de tous. C’est un artiste Blue Note depuis pas mal d’années, celui-ci est son cinquième enregistré pour le label culte, et il en enregistrera encore un bon paquet jusqu’en deux mille quinze.
Celui-ci se singularise par la présence de Gunther Schuller, un des pionniers du fameux « third stream », ce troisième courant du jazz qu’il participa à inventer. Il est ici en tant que chef d’orchestre, arrangeur et même compositeur de deux compos.
Attention c’est un grand orchestre, du sérieux avec une section complète de cordes, violons, altos et violoncelles, flûtes, harpe et guitare. Il y a également une section de cuivres et une autre de anches et de bois, des musiciens partout, tous obéissants à la baguette de Gunther, ici en plein dans son élément, unir les musiciens de style classique et ceux de jazz, c’est son « truc » bien à lui.
Je ne rentre pas plus dans les détails, car il y eut plusieurs sessions, à différentes dates entre avril et juin quatre-vingt-quatorze. Le répertoire est également intéressant car il se concentre autour de grandes pièces de jazz dont les auteurs sont Ellington, Mingus, Monk, Ornette Coleman ou Billy Strayhorn, mais également du soliste principal, Joe Lovano !
Beaucoup de pièces sont assez célèbres, mais elles se voient transposées ici avec bonheur, et on se régale avec « Peggy’s Blue Skylight » ou « Angel Eyes », mais il y en a également quelques-unes plus modernes, ou même d’avant-garde comme « Lament For M » signée Gunther Schuller.
Il faut bien dire qu’ici tout est bon, maîtrisé et parfaitement exécuté, il est difficile de se plaindre, mais certains n’accrocheront peut-être pas, comme la pièce de Lovano, « Topsy Turvy » ainsi que le bref « Juniper’s Garden » avec des interventions vocales. Elles sont regroupées en fin d’album, en compagnie du titre d’Ornette, ainsi que « Headin’Out, Movin’in », l’ambitieuse pièce de Schuller.
Un album pivot pour Lovano…