Erik Truffaz with Philippe Garcia, Manu Codjia, Michel Benita feat. Mounir Troudi & Nya – Saloua – (2005)
L’intéressant trompettiste suisse poursuit sa route toujours chez Blue Note, où il a fait son nid. Cet album ne déroge pas à la règle et projette des couleurs identitaires et orientales dès la première pièce, le très beau « Saloua » chanté par Mounir Troudi qui joue également du bendir.
Ce dernier officiait déjà sur « Mantis » que j’avais évoqué il y a quelques temps, en compagnie de Manu Codjia à la guitare et à l’électro, Michel Benita à la contrebasse et aux échantillons et Philippe Garcia à la batterie, au parlophone et aux effets également.
Nya, rappeur classieux, est également de retour, sur « Big Wheel » positionné en second et « Yabous », deux belles pièces, la première en forme de reggae, qui s’ouvre à nouveau au chant et à ce folklore universel dont se berce Truffaz sur une bonne moitié des pièces présentes sur l’album.
Mais on retrouve également l’élégant écrin, un poil sucré, dont il aime s’entourer, comme sur « Whispering » qui penche côté planant et dématérialisé, une pièce signée de Benita. Avec « Yabous » on revient au chant ethnique avec le tunisien Mounir qui partage la pièce avec le rap de Nya, ainsi se mélangent anglais et langue arabe dans un plaidoyer pacifiste de bonne volonté…
« Gedesh » qui suit est signé de Mounir Troudi, les accents chantés se frottent aux arcs aériens du trompettiste qui tisse une toile couvrante et protectrice. Ainsi file cet album entre couleurs « worlds » et accents dub ou méditerranéens. Les chants s’éteignent avec la septième pièce, le quartet électrisé prend le relais et régale avec bonheur…
Par contre on a quitté Miles pour s’exiler vers des douceurs pops, alors laissons-nous séduire sans trop rechigner, « Soleil d’Eline » et « Spirale » peuvent ennuyer, mais comme l’indique le dernier titre aux saveurs reggae, « La Vie Continue » et c’est bien là l’essentiel !