Je ne déborde pas de sympathie pour Florent Pagny Homme mais suis encore un petit peu attaché au Florent Pagny Chanteur, des années 90. Et force est de reconnaitre qu'il a une belle voix, puissante et claire. Et on s'incline également quand il se prête à l'exercice intransigeant du chant lyrique, mais son timbre se prête évidemment d'avantage au style "pop", plus passe-partout. Il a quelques très belles chansons dans son répertoire et cet album contient de jolis titres.
Puis j'ai beaucoup à coeur cette période 1996/1999 de la musique française (de la musique tout court d'ailleurs), où le mot "variété" n'était pas (encore) galvaudé, et où l'on faisait encore des chansons avec un peu de texte, et des mélodies qui se retiennent et pas de la soupe insipide où l'on chante en franglais avec des productions impersonnelles à grands renforts de nénettes qui gloussent dans un micro en brassant de l'air.
Évidemment que la "variété française" qui a connu ses lettres de noblesses avec Brassens, Ferrat, Piaf, Brel, Ferre, Barbara et j'en passe n'allait certainement pas être éclipsée, et de toute façon ce n'était pas le but, l'objectif étant de simplement de s'ouvrir à un public plus large pour toucher un maximum de personnes en revoyant fatalement le côté un peu inaccessible des ténors représentants, donnant naissance à un nouveau style de chansons, plus abordable, moins introspectif, en allant à l'essentiel mélodique afin qu'on retienne dès la première écoute. Et c'est totalement le cas de cet album qui répond à cette définition.
C'est finalement très plaisant à écouter, ça n'a pas beaucoup vieilli, les mélodies sont toujours ancrées dans le coin de notre tête, et la nostalgie offre même quelques petits frissons. Dommage que la production globale y soit plutôt quelconque, les enrobages "pop-rock" assez neutres et plutôt banals n'aidant pas.