C'est vers 2000-2001 (soit il y a trois siècles) que j'ai découvert cet album, à la grande époque où je m'échappais du lycée pour filer à la FNAC du Colombier à Rennes pour éplucher tout ce que faisait P. Gabriel et le Genesis des années 70.
Je me souviens encore retirer le blister le plus discrètement possible dans le CDI de mon lycée, sous l'œil sévère de la bibliothécaire.
J'ai adoré "Plays Live" de 1982, mais ce "Secret World Live" n'a rien à voir en termes de qualité sonore : j'imagine que l'évolution du matériel de captage du son y est pour quelque chose (j'ajoute à cela que dans le livret de Plays Live, P. Gabriel écrivait quelque chose du genre "la qualité est pas top mais c'est fait exprès". Bon.).
Côté musiciens, mis à part Tony Levin et David Rhodes, les musiciens ont été entièrement renouvelés : Paula Cole, Manu Katché (quel talent, celui-là...), L. Shankar, J.-C. Naimro (qui remplace ici au pied levé Joy Askew, la claviériste attitrée de la tournée).
La chanson éponyme "Secret World" est une prouesse musicale, mais aussi visuelle (voir la vidéo, de cette chanson mais aussi du concert tout entier).
D'ailleurs, à l'écoute de cet album mais aussi en regardant les images du concert, on a l'impression (au vu de l'ambiance survoltée du public, mais aussi des moyens visuels et techniques mis en œuvre) d'entendre et d'assister à un concert soit dans un stade, soit dans une arena de type POPB (oui, je dis encore "POPB", ne m'emmerdez pas avec le naming). Je savais que le concert avait été enregistré dans une arena à Modène (Italie), mais j'ai récemment appris qu'il s'agissait en réalité d'un palais des sports de taille plutôt modeste de 5 000 places assises. Je ne trouve pas l'info sur le nombre de spectateurs à ce concert, mais il y a fort à parier qu'ils étaient bien nombreux que dans une salle de type Bercy (20 000 places en configuration concert).
Surtout, cet album est, à mon avis, dix tons au-dessus de "Us", l'album studio dont il reprend pourtant de nombreux titres ("Blood of Eden", "Talk to Me", "Digging in the Dirt", "Kiss That Frog", etc.). Je m'explique : j'ai longtemps eu du mal avec la sonorité intime de "Us", que je considérais comme étouffée, étouffante. Mon problème, c'est que j'ai découvert "Secret World Live" (sorti en 1994) AVANT "Us" (sorti en 1992) : du coup, forcément, passer d'une sonorité ultra-claire et survitaminée à une atmosphère enfermée et délicate, ça m'avait posé problème.
À mes jeunes oreilles de l'époque, cet album sonne comme la perfection. Et reste l'un des très rares albums que je continue d'écouter avec un émerveillement d'adolescent.