Ablaye Cissoko & Simon Goubert, African Jazz Roots – Seetu – (2023)
Clarifions un peu tout ça, apparemment « African Jazz Roots » est le nom de l’association entre le joueur de kora Ablaye Cissoko et le batteur et pianiste de jazz, Simon Goubert. C’est également le nom du premier album paru en deux mille douze, c’est avec ce dernier que j’ai alors écouté cette formation, j’en garde toujours un souvenir ému.
Je m’aperçois aujourd’hui qu’un autre album est paru en deux mille dix-sept, mais je l’ai zappé, j’essaierai de réparer ça, je suis sûr que j’en serai récompensé. Sur « Seetu » dont j’ai appris la sortie récemment, en feuilletant « Les allumés du Jazz », il est noté que l’album est dédié à la mémoire d’Ousmane Bâ, qui était flûtiste sur le premier album, il appartenait à l’ethnie peuhl.
Hormis les deux leaders voici les autres membres de la formation que l’on entend ici, Sophia Domancich qui joue du piano, Jean-Philippe Viret de la contrebasse et Ibrahima « Ibou » Ndir, qui joue des calebasses. Il y a dix pièces alignées qui nous offrent environ une heure de musique.
Si j’en juge par rapport au premier album, l’importance du jazz a grandi au sein de la formation, probablement l’arrivée de la pianiste et du contrebassiste dans le groupe, encore que sur le premier album figurait Jean-Jacques Avenel, mais il faut compter également avec la disparition d’Ousmane Bâ.
Les compositions sont réparties à peu près équitablement entre les musiciens, mais Simon Goubert est le plus prolifique, quatre titres à son actif, les très beaux « Manssani Cissé » et « Sundjata » sont en fait des traditionnels arrangés par Ablaye Cissoko, qui signe également « Café Touba » la dernière pièce.
Quand j’écoute cet album je me dis que plus il y a de kora et plus j’aime ça, le premier album avait eu ce même impacte, avec cette même observation. Mais le battement jazz a également son importance, il permet de faire aisément le chemin vers ces musiques traditionnelles qui pourraient sembler lointaines, nées à Saint-Louis du Sénégal, mais la communion a lieu.
Ce n’est pas pour rien que l’album se nomme « Seetu », c’est-à-dire reflet, l’image d’Ablaye avec celle de Simon, musiciens sénégalais et français, Afrique et Europe, comme un miroir où les reflets, d’abord mal définis finissent par se fondre dans une musique commune, un même chant, comme au « Café Touba ».
(+ une chanson cachée)