C'est d'abord quelques gouttes de peinture.
Elles tombent dans l'eau et se diluent en un motif tremblant et se mélangent. Et de ce mélange on fait des tracés.
C'est comme ça que je vois la musique de Yeule.
Beaucoup d'artistes electro aiment bien ce petit gimmick de commencer une musique avec un seul instrument puis d'ajouter les autres un par un pour créer ce qu'on appelle "le paysage sonore".
On voit ça particulièrement dans la House où l'effet que ça donne c'est surtout une sensation de mouvement : ça donne envie de danser. On remue d'abord la tête, puis s'ajoute les bras et enfin les jambes et le bassin.
Mais dans cet album l'effet est tout autre. Les mélodies contiennent des longs silences et ainsi prennent de l'espace. Les textures des synthés pleins de reverb s'approchent plus de l'Ambient que de la Dance et donc on est face à quelque chose de majestueux.
C'est un paysage qu'on découvre au fur et à mesure, une caméra qui observe l'infiniment petit et qui dézoome au fur et à mesure qu'elle se promène.
Et finalement ça rend cet album assez unique, et je regrette que Yeule soit tombée dans une glitch-pop vachement moins intéressante dans son album softscars que le style qu'elle avait commencé à développer ici qui était bien plus singulier.
(seul avantage de softscars : les musiques-transitions. Dans Serotonin II c'est juste de l'Ambient un peu osef où il ne se passe rien alors que fish in the pool est une musique incroyable)