Idris Ackamoor & The Pyramids (2020)
Idris Ackamoor est un des fondateurs du groupe « The pyramids » qui eut son heure de gloire entre 73 et 76. Après « We Be All Africans » et « An Angel Fell » il poursuit son retour chez « Strut Records », malgré ses soixante-dix printemps. Il faut l’en féliciter. « Shaman ! » est donc le troisième album qu’il enregistre en quatre années et c’est l’artiste japonais Tokio Aoyama qui signe la peinture dont est issue la très belle pochette.
Un beau double-album avec, à l’intérieur, un bon de téléchargement, c’est à signaler car c’est très pratique, un peu comme si vous pouviez écouter le vinyle en voiture, un truc à généraliser. Chaque face est composée par un acte, la durée est correcte, pas comme ces doubles LP qui contiennent quatre faces de treize minutes… On regrettera le pressage un peu cheap et le trou central du second vinyle au diamètre mal dimensionné.
Ici souffle l’esprit de Pharoah Sanders, l’influence est prégnante, Idris est clairement un enfant de ce que l’on a appelé le « spiritual jazz », les codes sont là, d’où une impression de déjà entendu qui n’enlève pas le plaisir de l’écoute, c’est à noter. Quelques beaux solos du ténor ou de l’alto tonifient l’album, il faut noter également le retour d’un « fondateur », Dr Margaux Simmons à la flûte qui offre une nouvelle palette de couleurs au groupe, qui possédait déjà le magnifique son du violon de Sandra Poindexter. La rythmique est également de feu, tout est bien en place.
La basse électrique de Ruben Ramos est un axe fondamental dans le « son » du groupe qui groove souvent de façon répétitive, avec également des riffs de guitares, ainsi se révèle l’autre influence majeure du groupe, celle du Miles période « électrique », cet aspect « funky » est la seconde jambe sur laquelle repose le style de ce groupe, bien armé pour affronter les lois du marché.