On pourrait regretter qu'après après avoir flirté avec le reggae et le ska sur son premier album "Alright, Still", Lily Allen ait pris une direction de plus en plus pop, d'abord synthétique sur "It's not me, It's you", puis pleine de beats et de vocodeur sur son dernier album, Sheezus.
Mais pas tellement en fait, derrière ce nouvel album aux mélodies so 2014 et à l'emballage rose bonbon se cache une Lily Allen est toujours aussi sincère dans sa démarche et surtout toujours aussi impertinente et malicieuse, ironisant sur l'industrie musicale et ses pop stars comme Rihanna ou Lady Gaga , sur les It-girls anglaises (“Je n’ai rien à foutre de ton Instagram, de ta jolie maison et de tes enfants moches”) ou les codes esthétiques d'aujourd'hui avec "Hard out here" dont le clip est méchamment drôle.
Alors bien sûr des fois c'est trop. Elle abuse du vocodeur et sa musique légèrement sucrée a parfois tendance à dégouliner (titre "Close Your Eyes" en tête), son album doux/acidulé devient finalement parfois écœurant. Mais dans l'ensemble c'est plutôt fun, frais, assez dansant et vraiment sympa. Et en adoptant totalement ces codes de la pop 2014 elle est sur de plaire a la gamine de 14 ans qui va l'écouter, le meilleur moyen de faire passer son message sans même que celle-ci s'en rende compte. En fait elle a peut être tout compris cette Lily...
Cerise sur le gâteau : très bonne surprise aux Vieilles Charrues, sexy et maline, bourrée d'auto-dérision, un show efficace, un décharge pop acidulé qui a réveillé le public. Et la sur-utilisation du vocodeur sur l'album est d'autant plus dommage que vocalement elle était au top ! Je suis de plus en plus convaincu par son retour.