Luther ne m'a pas emmené là où je l'attendais. Après Exit et Garçon, où la voix occupait le premier plan, je m'attendais à un album centré sur le chant. Les derniers singles, Echo Flower, Alibi et Creeper, allaient dans ce sens. Shelf prend une autre direction : il laisse beaucoup plus de place aux instrumentales. Je peux comprendre le choix, il a même du sens avec la volonté de Luther (celle d'arrêter la musique). Le problème, c'est la façon dont ce choix se matérialise. C'est presque 4 interludes qu'on a (seed, Sunday que j'ai pas du tout apprécié d'ailleurs, I hate my job, Shelf) sur un album de 15 titres, cela fait beaucoup trop à mon goût. Le pire c'est que par exemple dans le cas de Shelf" l'instrumentale est si belle, j'aurais vraiment voulu voir Luther poser dessus, ça me frustre vraiment. Certaines sont gâchées par une voix peu agréable à entendre. D'autres donnent l'impression qu'un couplet aurait pu y trouver sa place.
Le morceau d'ouverture, Dog, d'ailleurs m'a beaucoup interpellé : Le son est incroyable je trouve, mais putain pourquoi ne pas avoir laisser plus de place à la voix normale (comme en faisant un espèce de feat entre la voix aigue et Luther), le son aurait été encore mieux. On n'entend sa voix véritable qu'à une seule reprise dans le titre. C'est d'autant plus frustrant que plusieurs morceaux montrent ce qu'il sait faire. Bracelet, Rentier, Foam, Boredom Anthem- hein?, Creeper, Gogo Monster et Haemolacria sont des bons titres.
Rentier est pour moi le meilleur titre de l'album. On y perçoit un vrai gain de maturité par rapport aux projets précédents : Luther nous touche énormément. C'est dommage que tout l'album ne suit pas toujours cette voie.
Au final, mon reproche principal tient à ce déséquilibre. Luther a voulu laisser plus de place à la musique, mais ce parti pris n'aboutit pas à un résultat totalement convaincant selon moi. Shelf reste un album intéressant, et certains titres, notamment ceux cités plus haut, valent largement le détour.