Dhafer Youssef – Shiraz – (2025)
Dhafer Youssef a construit son album en hommage et en soutien envers son épouse, la réalisatrice Shiraz Fradi, atteinte d’un cancer. Cette musique, aussi puissante que les mots, est là pour aider et partager le poids de la maladie, de la souffrance, face à l’épreuve.
Cet album possède la puissance des chansons d’amour d’autrefois, qui s’ouvraient à l’intimité, à la sphère la plus personnelle, celle créée par la force des liens les plus forts, ceux des sentiments et de l’amour, de l’attachement et du don de soi...
Alors forcément les chants sont tendres, mais également rudes, les épreuves sont combattues à deux, face à l’adversité, au doute et à l’incertitude. Dhafer s’entoure de quelques amis de son entourage musical, Daniel Garcia Diego au piano, Mario Rom à la trompette, Swaeli Mbappe à la basse électrique, Tao Ehrlich à la batterie et Nguyên Lé à la guitare électrique comme invité, sur quelques pièces.
Mais le maître d’œuvre est bien sûr Dhafer Youssef lui-même, qui se partage entre son oud et le chant qu’on lui connaît. Il est également l’auteur et compositeur de toutes les pièces présentes sur cet album. Des airs souvent contemplatifs, doux et régénérants, habités par la force et la volonté de se battre contre un ennemi parfois implacable, mais que l’on sait, aujourd’hui, repousser.
Le chant de Youssef est très personnel, comme s’il s’envolait vers les cieux, dans un au-delà immatériel et inouï, du côté des Djinns, dans la grande caravane qui se partage entre désert et ciel, comme sur le très beau « Zakir Bhai Eternal Longing (part1&2) ».
Alors, peut-être que ces chants ne plairont-ils pas à tout le monde, mais peut-être aussi auront-ils le pouvoir de guérison, connu d’autres musiciens sorciers qui passent dans ces colonnes, alors, au cas où…