Showbiz
7.1
Showbiz

Album de Muse (1999)

Premier disque d’un groupe qui deviendra mythique, mais assure pour le moment la première partie des Red Hot Chili Peppers et souffre d'une comparaison avec Radiohead, Showbiz s’apprivoise petit à petit. Il n’a certes pas la pulsion de vie exaltée de Origin of Symmetry, la grandiloquence obscure d’Absolution ou l’éclectisme puissant de Black Holes and Revelations, mais porte en germe l’ensemble de ces qualités.

Le trio du Devon pose ici les bases de son style, qu’il ne fera qu’approfondir et enrichir par la suite. Ce rock alternatif marqué par la puissance vocale de Matthew Bellamy alterne les moments de calme et ceux d’explosion, dans des envolées lyriques d’inspiration romantique. C’est parfois encore un peu immature, comme sur « Fillip » dont les dichotomies ne fonctionnent pas vraiment ou sur les trois derniers morceaux, qui ne sont pas désagréables à écouter mais demeurent dans l’ensemble au-dessous du niveau de l’album.

Mais cette immaturité même fait parfois mouche, comme sur la lente « Falling Down » qui pourrait passer pour un exercice de style un peu pompeux mais est en réalité plus profonde, ou sur le rock rebelle de « Cave » et « Uno » dont la composition subtile fait ressortir des moments de respiration savoureux. Quant au morceau de bravoure « Showbiz », s’il peut passer pour une prémisse de titres d’obédience progressive comme « Citizen Erased » ou « Butterflies and Hurricanes », il n’en demeure pas moins honorable et démontre les ambitions artistiques du groupe ainsi que son indifférence totale au qu’en-dira-t-on.

Ce qui est rassurant aussi, c’est que le groupe montre qu’il peut exceller dans des registres très divers. Il y a d’abord les ambiances claire-obscures typiques du rock alternatif : les arpèges de piano magiques sur « Sunburn » et la basse rebondissante de « Muscle Museum » (titre choisi en piochant les mots se trouvant avant et après « Muse » dans le dictionnaire…) font partie des éléments qui créent une certaine accoutumance. Et puis il y a les partis pris plus radicaux : « Sober » communique une énergie rarement atteinte par un groupe tandis que « Unintended » est une magnifique chanson mélancolique. Deux titres que tout oppose mais qui restent parmi les meilleurs de Muse dans leur style.

Kantien_Mackenzie
8

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Créée

le 21 nov. 2020

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3

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