Qu'est-ce qui pouvait prédisposer un kid banal de Memphis (Tennessee), né 4 ans après l'explosion punk, à dédier sa vie (encore courte) à réinventer encore et encore la gloire de cette musique-là : les mélodies accrocheuses débitées à 150 km/h, les guitares tronçonneuses, les cris de panique, tout y est, et plus encore...? En deux ans, Jay Reatard a eu plus de groupes que la plupart des musiciens en toute une vie, et a aussi essayé plus de formats pour sa musique qu'il ne paraîtrait raisonnable à n'importe qui. Pourtant, cet enchaînement de micro-hits (pour lui, sa famille, son quartier, ses amis) maintient une ligne d'excellence étonnante, malgré les hésitations et les approximations, et surtout - incroyablement - le fait que Jay tient absolument TOUS les instruments sur TOUS les titres : si les premières chansons ont l'urgence pop des débuts de XTC, la rage monte au fil des singles, sans que pour autant les mélodies soient jamais négligées (regardez par exemple l'excellente reprise des Go-Betweens !) . A la fin de cette compilation, on sent que Jay a trouvé sa vraie voie, ayant un peu abandonné le punk poppy à l'anglaise pour le hardcore au chalumeau à l'américaine. En 2009, on était impatient de voir la suite... qui n'arriva malheureusement jamais ! [Critique écrite en 2009, mise à jour en 2017]