Sous un vernis lo-fi et brumeux, Sinister Grift déroule un paysage sonore oscillant entre surf psychédélique et rêverie pop. « Praise » en est l’illustration parfaite, croisant un folk fragile façon Belle and Sebastian avec l’étrangeté douce des Beach Boys tardifs.
L’album séduit par sa cohérence d’ambiance, son grain sonore brumeux et ses superpositions de voix traitées comme des instruments. On y retrouve l’approche artisanale typique de Noah Lennox : des samplers vintage, des percussions minimalistes et une reverb omniprésente qui noie tout dans un doux flou.
Mais là où certains y voient un chef-d’œuvre atmosphérique, d’autres — dont moi — pourraient regretter l’absence de morceaux vraiment marquants. Le disque flotte, beau et insaisissable, sans jamais atteindre les sommets émotionnels ou mélodiques de ses travaux précédents (Person Pitch, Tomboy).
Plus qu’un assemblage de chansons, Sinister Grift est une ambiance, un état d’esprit. Un projet qui fascine plus qu’il ne bouleverse, et qui exige une certaine disposition mentale pour être pleinement apprécié.
Si vous n'avez que 3 morceaux à écouter : « Praise », « Ferry Lady », et « Elergy for Noah Lou ».