Virtuose de la Peur, expert en dérèglements en tous genres, John Cale s'imagine en rocker pour mieux vriller nos angoisses, brutalisant notre héritage (Presley, Beach Boys...) pour en faire des chansonnettes impies, hantées, parfois insupportablement belles. Car, au delà d'une certaine pose dans la noirceur - la fascination tellement rock'n'rollienne de l'esprit qui bascule dans les drogues et la schizophrénie -, Cale reste un esthète raffiné, capable d'exsuder en trois notes toute la splendeur funèbre d'une culture européenne engloutie. Comme son nom l'indique, "Slow Dazzle" est un magnifique vertige au-dessus de l'abîme. [Critique écrite en 1990]