J'ai acheté cet album à l'époque de sa sortie et il a été un des premiers d'une longue collection de disques.
Récemment, je me suis remis cette galette que j'ai eu depuis un quart de siècle en armoire (bon en fait j'ai dû racheter le disque puisqu'on me l'avait volé...). Et je me suis rendu compte que la piste "J'ai vraiment pas de face" n'était pas disponible en 18, sur le pressage CD original. Au lieu de quoi elle apparaît sur la piste 18 (à la place de "Mon texte, le savon", qui elle, est en 19. Je ne saurais pas par quoi commencer.
Ce disque m'a littéralement accompagné sur trois continents. Il est un des albums les plus "personnels" d'AKH, on y retrouve SHURIK'N et même LINO, et quelques autres. Sa production est généreuse, Philippe nous gratifie de son parler de Massilia, en y agrémentant des jeux de mots de timbrés, beaucoup d'humour et aussi de noirceur. De dénonciation, bref, un concentré de tout ce que le Hip-Hop fait de mieux dans sa veine "consciente".
L'album a été produit à New York, chez ses amis du WU TANG CLAN. Les beats sont intenses, certains sonnent un peu plus électro, et d'autres restent à fond axés sur la turntable. Ave Black Album de AKH aussi, et L'Palais d'justice de son acolyte FREEMAN, je crois que ce sont vraiment mes 3 disques de rap français de coeur.
Il y parle successivement de ses origines ritales, de la banlieue marseillaise, mais aussi de religion (il a entamé sa conversion à l'Islam à ce moment de sa vie) sans que cela soit grossier ni outrecuidant. Il y traite aussi des sujets comme le show-business ou la politique, les confrontations amicales ou familiales, bref, c'est un concentré de bons moments rythmés et foisonnants de témérité.
Je me demande si j'apprécie ce disque car il résume un passage de ma vie, et un moment important ou douloureux à ces moments-là... Ou si je l'apprécie vraiment pour ce qu'il est : un beau disque.
Les pistes se succèdent avec une logique assez bien compilée pour un album de ce genre de musique urbaine, car j'ai eu tendance à voir des disques plus anciens (ou même plus récent) où je pouvais mettre une piste puis une autre éloignée, sans que ça change quoi que ce soit à l'intérêt : il y a ici un fil narratif intéressant, qui se sent entre les jonctions de certains titres (notamment sur la première moitié de l'album).
Il y a aussi un mystère... Un mythe. A la fin de "Assassin au SM" (la 3) il fait un jeu de mot qui fini par le "World Trade". Sauf que l'album est sorti dans les bacs le 17 octobre 2001. Donc un mois et demi SEUELEMENT après les évènements du World Trade Center (notamment) aux USA. C'est juste impossible qu'il ait pu prendre connaissance de cela et d'en traiter dans sa musique. Ce qui est le plus probable, c'est qu'il a composé, puis enregistré l'album courant 2001 et l'a envoyé au mastering vers Aout et Septembre, et se rendant compte de ce qui s'était passé, et pour éviter une critique acerbe du genre "AKH se sert de l'actualité pour faire le buzz" (même si le terme n'existait pas encore à l'époque, l'idée de faire parler de soit, si), je crois qu'il a dû demander à supprimer la fin de la phrase pour qu'on puisse comprendre que la rime "Lyrics de fond en style dread", se fini avec la phrase totale "Elève mon esprit si j'peux à la hauteur du World "..." " (les trois petits points sont un scratch qui fini par couper le mot "Trade"), ce qui a pérennisé le moment et la piste en quelque chose d'historique.
AKH est quelqu'un de délicat et c'est un magicien, pas un personnage choquant. De fait, sa discrétion et cette idée ont fait que ce moment musical a je trouve, particulièrement bien vieillit.
Originalité : 7/10
Prod/Technique/Maitrise : 10/10
Envie globale d/'y retourner : 8/10
Note globale : 25/30