Ilhan Ersahin's Istanbul Sessions – Solar Plexus (2018)
Ilhan Ersahin est un saxophoniste suédo-turc dont j’ai vu un excellent concert sur une télé, du coup j’ai acheté cet album en repensant à ce mélange électro-oriental qui m’avait séduit. Son saxo est trafiqué et permet d’audacieux effets sonores qui, souvent, vont bien. Par ailleurs il est également proprio d’un club dans l'East Village de Manhattan. Cet album se rattache au projet « Istanbul Sessions » qui est le nom de son groupe, il contient au moins un autre album, « Istanbul Underground ».
L’album datant de deux mille dix-huit, quelques noms en vogue alors se sont joint à lui en tant qu’invité, Erik Truffaz, Nils Petter Molvaer et Ibrahim Maalouf à la trompette, Dave Harrington à la guitare, à l’orgue et au synthe, Arto Tuncboyacinyan et Mauro Refosco aux percus, Brandon Lewis et l’excellent Kenny Wollesen à la batterie. Par ailleurs il y a également ses musiciens, Alp Ersonmez à la basse, Izzet Kizil aux percus et Turgut Alp Beroglu à la batterie. Bref, il y a de la masse et de la qualité.
C’est un mélange d’électro rock et de jazz ethnique, avec une pointe de funk et de world, Ilhan Ersahin, en plus de son sax joue également du Rhodes et des synthés, de quoi énergiser et donner du corps à cette masse électrique qui dessine des espaces sonores très planants, en même temps qu’ils sont gorgés de rythmes et d’envolées multiples.
Juste après l’excellent « Infinite Gathering » le cheval de bataille de l’album s’annonce, « Pris » d’une durée supérieure à onze minutes où les effets sonores se multiplient et se brouillent sur une rythmique volubile et costaude. Parfois on ne sait plus trop où l’on se trouve, la musique virant entre le rocailleux agressif et le planant béat.
Un peu d’ambiant, un peu d’expé, beaucoup d’effets et d’excellents musicos évidemment, mais le jazz a pris la malle et n’est plus qu’un ingrédient dans un mélange qui manque parfois de densité, à ce titre les pièces lentes souffrent un peu selon moi. Mais je ne dis encore trop rien, attendant un ou deux albums d’ambiant qui, paraît-il, méritent l’écoute…
Les deux dernières pièces, « Sea Of Stars » et « Arrival » sont tout de même bien vitaminées…