La Suisse regorge de petits groupes atypiques dont beaucoup se sont révélés visionnaires et précurseurs dans leur genre. Yello est de ceux-là, et son terrain est l'electro touche-à-tout. Ce premier album, qui inaugure une longue série de pochettes repoussantes (LA marque de fabrique du groupe), composé de quatorze petites pièces, injecte à la synthpop (souvent instrumentale) du duo de nombreuses influences : electro-disco, techno kraftwerkienne, samba, reggae et même dark ambient (sur la courte suite "Magneto" - "Massage" - "Assistant's Cry", au final angoissant). Le chant est aussi original et légèrement délirant que la musique, les atmosphères différentes s'enchaînent (l'ambiant atmosphérique et apaisant de "Blue Green" et sa guitare acoustique) dans une effervescence électronique forcément jubilatoire. Dans toutes ces ambiances et sonorités, il y a forcément de quoi être captivé, et les amoureux des bidouillages et expérimentations en tout genre feront leur petit marché dans ce recueil bariolé avec grand plaisir.