En 2004, nous avons encore des amis américains. Quelque part entre Neil Young et Richard Brautigan, ou entre l'art moderne et le rock'n'roll éternel, voire entre David Lynch et le Velvet Underground. Ils nous parlent d'une voix légère et fluide, oscillant entre les chansons et les longs tourbillons rêveurs. Une fois elle chante, et sa voix à elle est toujours aussi excitante. Une fois c'est lui, et il semble avoir mûri, vieilli, un peu. Il a pris comme de la profondeur. Finalement, ce disque, quelque part entre "Daydream Nation" et "Goo", s'il n'a pas l'éblouissante intensité de "Murray Street", démontre une fois encore que Sonic Youth peut déployer une modernité formelle que peu de groupes ont su prolonger, voire même simplement reprendre.
[Critique écrite en 2004]