8
le 27 oct. 2014
SuivreLa suède a son Jésus
L'histoire de Spellbound commence avec la mutation progressive que le suédois mélancolique Jay Jay Johanson a entamé depuis le retour au calme du brillant The Long Term Physical Effects Are Not Yet...
Tant physiquement que musicalement, Jay-Jay Johanson semble se rapprocher avec les années d’une sorte d’idéal anachorète. Barbu, chevelu, étique, lorsqu’on le voit ramer sur une mer d’huile dans le clip du grave « Dilemna », on ne peut s’empêcher de penser à un Christ en pénitence. Il semblait pourtant difficile, connaissant le goût de Johanson pour les mélodies assez riches, d’envisager un dénuement plus important que celui de Self-Portrait (2009). Mais aujourd’hui plus que jamais, sa musique colle à la majestuosité grisaillante et à l’apaisement qu’inspirent les paysages scandinaves. Il est vrai que jusqu’ici les disques du suédois avaient en eux une sorte d’anachronie musicale, un décalage avec cette solitude irrémédiable que chante l’homme depuis ses débuts.
Après le foisonnement instrumental et les cordes soyeuses, ou encore les synthétiseurs joliment désuets de sa période dansante, place donc à la sobriété du duo piano/guitare. De mélopées qui semblent au départ terriblement banales s’échappe pourtant, pour ceux qui auront le courage de surmonter des premières écoutes glaçantes, une beauté minérale peu commune. Spellbound, derrière ses atours de placidité gracieuse, est un disque profondément mélancolique. Un album d’entre deux saisons finalement, balancé entre les dernières rougeurs automnales et le squelettisme des arbres décharnés. Certainement pas le meilleur de son auteur, mais l’apaisement qui s’en dégage est profondément bienfaisant.
Créée
le 16 sept. 2018
Modifiée
le 12 juin 2024
Critique lue 83 fois
8
le 27 oct. 2014
SuivreL'histoire de Spellbound commence avec la mutation progressive que le suédois mélancolique Jay Jay Johanson a entamé depuis le retour au calme du brillant The Long Term Physical Effects Are Not Yet...
4
le 16 sept. 2018
Suivrele 6 juin 2024
Persepolis, ou une sorte d’idéal bobo gonflant qui enterre tous les enjeux (la révolution sous-jacente en Iran, l’expatriation, l’adolescence torturée), le tout relayé par cette enfant dont...
4
le 24 janv. 2024
SuivreLa salle de procès qui introduit Les Chambres rouges est d'un blanc immaculé et incarne aussi bien l'inoffensivité de son propos que le vide existentiel qui traverse son héroïne Kelly-Anne. On ne...
5
le 21 avr. 2024
SuivreEn interview dans le numéro d’avril de Mad Movies, Alex Garland se réclame d’un cinéma adulte qui ne donnerait pas toutes les clés de compréhension aux spectateurs, à l’instar du récent Anatomie...