Anthony Williams – Spring
Un album enregistré dans les studios de Rudy Van Gelder en août 1965, le second en leader après Life Time, voici « Spring » par le jeune Tony Williams alors âgé de dix-neuf ans. De son expérience passée il garde à ses côtés le bassiste Gary Peacock, le pianiste Herbie Hancock et le saxophoniste Sam Rivers, en outre il adjoint Wayne Shorter au sax. Sam souffle côté gauche et Wayne côté droit.
Sur le dernier titre, « Tee », Wayne garde une certaine armature hard bop, alors que Sam file free. Herbie lui aussi joue de son côté, barré également, c’est l’incroyable Peacock qui cimente le tout, avec Tony qui hésite entre conserver la ligne et s’échapper lui aussi.
Mais revenons un peu en arrière et soulignons le côté acoustique du projet qui, je pense, a joué son rôle pour la sélection de cet album par les pointus du FJMt°, sous l’impulsion de Miles le jazz est en passe de s’électrifier et ne reviendra guère à cette forme pour ce qui concerne Tony Williams.
Dès le titre d’ouverture « Extras » le parti-pris du free se dégage avec Peacock royal à la basse qui se pose en axe indétrônable, juste soutenu par le drumming discret de Tony Williams tandis que Wayne développe un solo vif en courtes phases exploratrices bientôt remplacé par Sam pour un démarrage plus en douceur.
« Echo » qui prend la suite est un solo de maître Williams à la batterie qui met les pendules à l’heure, cinq minutes qui passent vite. Sur « From Before » on peut admirer la finesse du jeu d’Herbie Hancock qui file une délicate toile, bien soutenu par Tony et Peacock, l’homme de base.
Sous des abords peut-être un peu froids, un bel album un peu austère et appliqué.