Je note ici de façon nostalgique. C'est un album ancien et c'est la première interprétation que j'aie écoutée de l'oeuvre, quand je n'avais pas encore vraiment d'oreille - non que j'en ai une bien meilleure aujourd'hui, mais elle est plus patiente et moins prompte à s'engouffrer dans des émotions faciles. Je sais que je n'aimerais sans doute plus cet enregistrement, à l'époque où l'on ne saurait plus jouer pareille musique avec un orchestre symphonique et une esthétique romantisante. Il faudrait donc écouter ce Pergolèse comme un témoignage, et s'attacher, pour en jouir, aux schémas d'une esthétique révolu. Peut-être alors Abbado pourrait-il séduire.