Stampede
6.1
Stampede

Album de Krokus (1990)

Deux ans après son départ de Krokus, Fernando Von Arb engage de nouveaux musiciens pour relancer le groupe dans un style très heavy metal, proche d’Accept. Le recrutement du chanteur Peter Tanner (ancien de The Heavy’s le groupe de Von Arb et Von Rohr) n’est pas étranger à l’affaire, étant donné qu’il a une voix éraillée comme Udo Dirkschneider. Le mimétisme est tel qu’on a l’impression d’entendre un inédit du groupe allemand en mettant « Stampede » (chose amusante, Accept écrira un morceau intitulé « Stampede » en 2014). Ce titre heavy speed déboule à deux cents à l’heure et emporte tout sur son passage. Ce nouveau virage, résolument metal, se poursuit avec « Electric Man » dont la mélodie des couplets et les paroles sont profondément inspirées par le « Kings of Metal » de Manowar sorti juste deux ans auparavant. Comme lui, il glorifie la vie de groupe et sa construction est vraiment similaire jusqu’au refrain plus rock. Autre morceau très metal, « Wasteland » qui clôt l’album sur un rythme rapide, à la manière de certains morceaux de Saxon.
Le reste de l’album ne renie pas les influences blues et hard rock des Suisses. Ainsi, « Rock Roll Gypsy » s’appuie sur un riff à la AC/DC, comme le très bon « Street Love » qui est un rock puissant et rapide, sur lequel les guitaristes s’en donnent à cœur joie. Krokus a l’air heureux de jouer, mais montre davantage d’influences australiennes que sur ses précédentes réalisations. « She Drives Me Crazy » aurait pu paraître sur un album avec Brian Johnson, tout comme « Rhythm of Love », au riff plaqué et au rythme caractéristique des chansons composées par Malcolm Young. La voix éraillée de Tanner achève de créer la confusion. Surtout que Krokus puise aussi dans ses influences boogies, avec le bien nommé « Shotgun Boogie », au rythme effréné et irrésistible.
Quelques morceaux paraissent plus originaux, comme l’étrange « Nova-Zano », sorte de blues lent et épais, au refrain binaire qui évoque par moments Led Zeppelin, ou la ballade « In the Heat of the Night » dont le refrain très chantant est plus rapide que les couplets et sur laquelle les arrangements hispanisants apportent un réel intérêt.
Stampede marque le retour de Krokus, dans des registres un peu différents de ce à quoi il nous avait habitué et avec une formation remaniée. A part dans la discographie du groupe, il ne rencontre pas le succès escompté. Pourtant, Stampede est un bon album, possédant de réelles qualités, mais aussi certains défauts inhérents au groupe, notamment ses innombrables emprunts à d’autres groupes.

DenisLabbe
6
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le 14 août 2020

Critique lue 34 fois

Denis Labbe

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