John Coltrane – Standard Coltrane – (1958)


Cet enregistrement date de la session du mois de juillet cinquante-huit, quatre titres sont parus lors de la vague de mille neuf cent soixante-deux, qui vit mettre à jour tant de merveilles enfouies. Chacune possède ses caractéristiques et ses particularités, notamment celle-ci qui fit appel au rôle des trompettistes, en cette fin des années cinquante.


Il est indubitable qu’à l’époque, le partenaire privilégié de Coltrane pour ce qui concerne la trompette est Donald Byrd, il figure sur de nombreux enregistrements d’époque, bien que parfois, on puisse entendre également Idrees Sulieman.


Il se trouve qu’un peu avant cette période, Coltrane venait d’enregistrer en compagnie de Wilbur Harden au bugle ou à la trompette, Coltrane ayant participé en tant que sideman à trois albums sur le label « Savoy » du trompettiste, auquel il rend ici la monnaie de sa pièce.


Wilbur Harden est un musicien enjoué et sympathique, mais ne possède pas les qualités de musicien requises comme l’attesterait un Donald Byrd ou un Lee Morgan pour n’en citer que deux. C’est ainsi que cette session se tourna donc vers des titres lents, propres à mettre en valeur l’invité du jour.


Ainsi la première pièce de l’album est une ballade extrêmement lente, « Don't Take Your Love from Me », outre Harden et Coltrane on entend Red Garland au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie. Coltrane joue des embellissements à fond et reste toujours aussi impressionnant à écouter, même dans une telle configuration.


A l’heure des solos Harden sort également son épingle du jeu, sans véritable brio mais en restant très professionnel, il est tout de même entouré par une glorieuse équipée, il restera ainsi, jouant quelques solos ici ou là, sans jamais en faire trop, connaissant lui-même ses limites, mais s’appliquant au mieux.


La seconde ballade est « I'll Get By » un poil plus rapide, aux limites du possible. Arrive ensuite « Spring is Here » avec des arrangements un peu plus complexes qui maintiennent l’intérêt. La dernière pièce « Invitation » s’étale également, ce qui permet à Coltrane de bien fouiller le thème, comme il aime à la faire.


En définitive ces quatre « Standards » sont structurés pour faire au final un bel album, avec le saxophoniste qui y brille avec éclat, sur un enregistrement jamais médiocre, ni même « en dedans », mais il demeure assez court : un peu moins de trente-cinq minutes.

xeres
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le 9 juin 2025

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