John Coltrane – Stardust – (1963)
Bien que « Stardust » soit paru en juillet mille neuf cent soixante-trois, il a été enregistré par Prestige bien avant, lors de deux sessions distinctes, avec par conséquent un personnel non homogène. Quatre titres figurent sur cet album, deux par session, l’une s’est déroulée au mois de juillet et l’autre au mois de décembre de l’année cinquante-huit.
La session du onze juillet est marquée à nouveau par la présence de Wilbur Harden au bugle, puisque c’est la même qui est à l’origine de « Standard Coltrane » dont j’ai parlé un peu plus haut. Ainsi « Stardust » qui ouvre la face A est une ballade. Par contre « Love Thy Neighbor » qui ouvre la B est un titre très rapide où Coltrane envoie un solo stellaire avec une multitude de doubles croches, de quoi noyer le pauvre Harden dont on connaît l’économie de moyens, c’est probablement la pièce la plus remarquable ici, même si Harden appuie fort sur les freins quand sa partie s’annonce.
On y trouve Red Garland au piano et Paul Chambers à la contrebasse. Assez curieusement Jimmy Cobb est noté à la batterie sur la face A. et Art Taylor sur la face B., ce qui contredit d’une certaine façon le personnel annoncé lors des sessions, mais tout est possible, car aucune correction n’est visible lors des rééditions.
La session du vingt-six décembre voit à nouveau revenir les fidèles Garland et Chambers qui sont de retour, complétés par l’arrivée d’un jeune trompettiste de talent qui commence à beaucoup faire parler de lui, mais uniquement sur « Then I'll Be Tired Of You », la dernière piste de l’album, à nouveau un titre lent.
Il s’agit de Freddie Hubbard qui prend l’avant-dernier solo de la pièce, et réussit parfaitement sa mission, dévoilant son lyrisme et sa technicité, dans un pays où pourtant il ne manque pas de trompettistes de très haut niveau.
La seconde pièce, qui siège sur la première face, « Time After Time », issu de cette même session, est également une ballade, le principal solo est pris par Coltrane qui fait ici du « beau » et du « joli », s’octroyant le temps nécessaire à un développement long et sinueux.
L’album est très agréable sans être transcendant, perso je possède la réédition française de soixante-treize avec le bandeau bleu qui va bien.