Avec Lorca, Tim Buckley s'était éloigné de la terre ferme.
Starsailor le place définitivement dans les contrées mouvantes et plasmatiques d'un amas globulaire, où il s'étire indéfiniment.
Buckley est en expansion sur les trois premiers morceaux.
Soudain, des flonflons. Le charmant et incongru 'Moulin Rouge' le propulse place Blanche où il courtise en délicieux yaourt une Mademoiselle danseuse. On redescend.
Cet astucieux retour sur Terre, même s'il n'est qu'un rêve, nous prépare à la splendide (et trop courte) 'Song to the Siren', qui fit l'objet d'une non moins magnifique reprise en 1983 par l'elfique Liz Fraser au sein du supergroupe This Mortal Coil.
Tous nos sens en éveil au bout de ces 3 minutes 29 de temps suspendu, nous plongeons de nouveau dans le vaisseau saturé de fumée. Au fond de l'océan ? Dans le vide galactique ? Dans nos propres veines où Buckley a introduit sa seringue emplie de bulles de jazz ?
Starsailor est un voyage. Un sacré trip.