Omar Sosa & Seckou Keita – Suba – (2021)
Omar Sosa est un pianiste cubain aujourd’hui à la tête d’une abondante discographie. Sa musique consensuelle et habile se drape de couleurs locales et d’influences venues du jazz tout autant que de la pop. Elle est belle et charmante et puise souvent son énergie dans les racines. On le rattache généralement à la « World » ce qui va bien vu d’ici.
Je l’ai pas mal écouté lors de ma période « Mezzo » où ses concerts étaient souvent à l’affiche, sans ennui et avec un certain ravissement. On retrouve ici pas mal de ce qui fait sa signature et son style. Mais cet album est un duo avec le joueur de Kora sénégalais Seckou Keita qui lui aussi apporte folklore et racines. C’est leur second album en duo après « Transparent Water », paru en deux mille dix-sept, qui reçut alors un très bon accueil. Mon exemplaire est un « Digibook » qui se présente comme un livre au format Cd avec photos, textes etc…
Les deux sont co-compositeurs et chantent le plus souvent, donnant à l’opus cette couleur « chansons » qui le rend très accessible et pleins de saveurs, venues de contrées chaudes qui se rencontrent et se comprennent de suite. Omar joue également des percus et Seckou du « talking drum ». Il faut ajouter encore un troisième personnage à cet équipage, Gustavo Ovalles l’ami vénézuelien d’Omar Sosa, qui l’accompagne de temps en temps, comme sur cet album où il joue des maracas, de la calebasse et de bien d’autres percussions encore.
Mais ce n’est pas tout car des invités se greffent à l’album au fil des chansons, comme Steve Argüelles et Yohan Henry aux « effets modulaires », ou Jacques Morelenbaum au violoncelle ou encore Dramane Dembelé à la flûte sur « Rei’s Ray » et « Voice on The Sea », ainsi la formation évolue entre trio et quintet.
Cette « World music » calme, douce et légère plaira donc à ceux en recherche de sons exotiques policés, histoire de faire une pause et de se ressourcer, goûter aux rayons du soleil et au doux balancements des eaux tranquilles… Le titre de l’album, « Suba » signifie « Aube » en langue mandingue, parlée en Afrique de l’Ouest, c’est celle de Seckou qui ajoute : « Même si vous êtes confrontés à certaines difficultés, vous remettez votre cerveau à zéro. Vous voyez le lever du soleil comme un nouveau jour, une nouvelle paix, une nouvelle chose, bonne ou mauvaise. Quelque chose d'excitant. C'est le sentiment que j'ai eu lorsque je travaillais avec Omar. »