Compilé par Dj Wizard & Alex Parasense
1. Dissociactive (E.Martinov & V.Iskanyan/Russie) vous propose un morceau mélodique assez psy pour débuter ce CD, avec des sonorités tordues, ni vraiment stomping ni complètement délirant. Il manque de vitalité (une fausse énergie, mais une vraie puissance fulgurante) et d'idées (sauf le son des hithats) à mon avis, et le résultat est moyen.
2. Parasense (Alex Klirkin/Russie) offre une ligne de basse plate et monotone pour débuter son morceau, agrémentée de quelques samples à 1'20, d'où retentit la sirène d'une voiture de police en arrière-plan. La rythmique prend ensuite des accents latinos (sud-américains plus précisément). Un break rapide intervient vers 2'00, composé d'une tonalité téléphonique aiguë et tordue. Un nouveau lead et une ligne de basse ronde mais toujours monotone arrivent à partir de 3'00, conférant une sensation marécageuse. 3'46 : quelques riffs électriques sont ajoutés, mais je ne suis pas convaincu de leur efficacité. 5'09 : un climax ascendant, mais pas très haut, encore une fois moyen.
3. Deuxième morceau de Dissociactive, celui-ci est le bon, plus décalé avec de bons samples de voix. Il est plus saccadé et planant que le premier, plus incisif aussi. On retrouve quelques sons amusants dès 3'05 : le lead nasillard ou les sonorités étouffées en arrière-plan, puis à 3'32 : il devient plus musclé. Vers 4'00 : une partie hachurée suivie d'un long break de basse filtré par tunnel. Après avoir quitté ce tunnel, le morceau atteint un autre niveau à 5'20, son climax : une ligne de basse nerveuse et tendue, un sample de voix criard, un lead strident.
4. Chromatome & Random (L.Hoffman & R.Dubois/U.S.A) utilisent des nappes nébuleuses ou tourmentées, agrémentées d'une construction darkpsy classique. Cependant, le flot d'énergie mal maîtrisé est pathétique, ce qui explique qu'Acid Burn ne décolle jamais à mon goût, trop chaotique.
5. Digital Outlaws (S.Kanja & S.Tsababa/Israël) a capturé un moustique pour son intro. La basse est plus rebondissante que sur tous les morceaux précédents. L'ambiance de Creatuve Destruction est particulièrement entraînante, sans grande gravité, avec par exemple un son à 2'15 (qui revient plusieurs fois par la suite) qui rappelle de vieux effets de jeux vidéo (Sonic the Hedgedog). Dans cette même idée ludique, à 4'15, on retrouve une sorte de nappe de moutons gémissants filtrés, puis le son du moustique revient, et à partir de 4'51, dans le deuxième plan sonore, on peut entendre des poules robotisées. Pour la fin, on est complètement perdu au milieu d'un jeu vidéo psyché étrange et ultra coloré, comme si Sonic le hérisson avait pris de la drogue.
6. Fungus Funk (S.Prilepa/Russie) délivre un darkpsy sec et cinglant, tel une pluie d'hiver glaciale qui vous frappe le visage (incroyablement revigorant pour la peau et les tympans). Les hithats et la caisse claire illustrent parfaitement cet esprit sec, écoutez-les respectivement à 0'58 et 1'34. Vers 1'35, c'est aussi la période d'apparition d'un son lift (qui monte et descend) en arrière-plan. Je ne suis pas un grand fan de Fungus Funk d'habitude, je dois l'admettre, mais ici, avec Acidalia Planitia, il avait produit un bon morceau, mélodique (avec quelques riffs électrifiés), ce qui, si je me souviens bien, n'était pas toujours son cas par le passé.
7. Dès l'intro, vous reconnaîtrez peut-être la touche Hyper Frequencies (G.Béraud/France) à travers la ligne de basse sautillante (très proche de son dernier morceau, L.S.I). Puis, dès que la basse atteint sa maturité (le son devient plus grave et plus fort), c'est aussi le signe que H.F. est présenté par Dj Anaka (G.Béraud & T.Allart/France). Vous remarquerez sans doute ce multi-échantillon de voix étrange mais amusant, créant une sorte de « Hum… op-dub » (le premier apparaît à 2'44). Plusieurs nappes et leads bénéficient d'un effet plus ou moins tremblant, à vérifier vers 3'00. Des percussions rapides et planantes agrémentent le morceau à partir de 4'35, accompagnant un turbo lancé et montant en régime. Plusieurs riffs métalliques réveillent votre cerveau (à partir de 5'15), au cas où vous seriez un peu somnolent, mais serait-ce possible ici ?
8. Voici une nouvelle tentative d'alchimie entre rythmes psychédéliques et samba. Je ne sais pas pourquoi, mais toutes les tentatives que j'ai entendues ont toutes abouti au même résultat : un échec (je pense notamment à Lotus Omega sur leur album Quantum Rabbit Hole). C'est aussi le cas de Marakatu. Personnellement, je trouve qu'il s'accorderait mieux avec des sonorités et des harmonies plus mélodiques et lumineuses ; quand c'est trop sombre, même très tordu comme ici, ça dérape quand même dans l'harmonie.
9. Seroxat (O.Maoz/Israël) avec Mama Russia arrive et termine sur un morceau tonique. Au programme ? Une nappe hantée dès 0'20, des riffs électriques (dès 1'10), une nappe plaintive en guise de break à 3'00, des leads pétaradants vers 4'50, beaucoup d'agressivité positive et, si mes oreilles ne me font pas défaut, un sample d'une femme disant « Jésus Christ ». Une construction Darkpsy assez classique, mais néanmoins efficace.
Point culminant : 5,7
Favoris : 3,6,9
Des efforts sympathiques, mais aussi beaucoup de morceaux moyens, c'est dommage ; le contenu global, globalement, est moyen.