Quinze morceaux, vingt-six minutes; en 1988, Bad Religion n'avait pas de temps à perdre. Cette bible express du skate punk californien est une véritable baffe ! Le groupe atteint sur cet album une cohérence et une perfection qu'ils ne retrouveront jamais, même si les trois albums suivants y sont très similaires, surtout No Control sorti l'année suivante, qui est littéralement la suite directe de Suffer (si on collait les deux bousins ensemble, ça ferait un seul album et tout le monde n'y verrait que du feu). Bien qu'instrumentalement, le groupe assure ici totalement, c'est bien au niveau du chant que Bad Religion se démarque. Les lignes mélodiques de Greg Graffin sont excellentissimes, conférant un aspect encore plus catchy à une musique très directe. Certains seront agacés par le prêchi-prêcha continuel du bonhomme (ici absolument incapable de ne pas incriminer le gouvernement et nous autres pauvres abrutis apathiques toutes les 3 secondes), mais d'un point de vue purement sonore, sa voix colle à merveille au style du groupe. Les titres tous plus démentiels les uns que les autres s'enchaînent sans interruption et je serai personnellement bien incapable d'en sélectionner un ou deux. Un album d'autant plus incroyable qu'il parait après trois ans de silence de la part du groupe, qui n'avait jusque là sorti qu'un EP puis un album d'un hardcore punk plus basique alors que les membres du groupes étaient encore très jeune, puis un second album complètement différent lorgnant vers une sorte de hard rock progressif, puis finalement un EP annonciateur du style qui allait les rendre célèbres. Indispensable !