Mes dernières critiques et surtout les excellentes notes qui y sont associées ne doivent pas remettre en cause mon esprit et mon sens critiques, il s'agit simplement d'évaluations qui ne sont là que pour reflèter l'excellence de ce que j'ai entendu dernièrement.
Mes récentes acquisitions de disques m'ont fait découvrir la crème de la crème en matière de classic – rock, étiquette rédhibitoire qui ne veut rien dire mais que j'utilise malgré tout pour catégoriser dans un même panier les différentes formes d'expression d'un certain nombre de groupes récemment découverts, à défaut d'avoir trouvé un terme musical plus approprié. Après les merveilleux « Doug Tuttle » et le non moins génial « Melophobia » de Cage The Elephant, voilà un autre chef-d'oeuvre, le remarquable « Sunbathing Animal » des Parquet Courts, incontestablement l'un des meilleurs disques de cette moisson rock 2014, riche et fertile.
« Bodies Made Of », « Dear Ramona », « What Colour Is Blood ? », ou encore « Vienna II », tous ces morceaux possèdent une indéniable grâce, presque une perfection. La voix du chanteur, à la fois méprisante, authentique et revendicatrice, qui peut rappeller celle de Johnny Rotten, les riffs punk-rock acérés et acides, la variété des structures des chansons, toutes brillantes, et la richesse des échanges entre les deux guitaristes (sur « She's Rolling ») qui rappellent les plus belles heures de Television, tout cela forme un ensemble que je n'avais plus entendu depuis Marquee Moon (justement). Décidemment, le rock'n roll renaît toujours de ses cendres. Tame Impala, Jake Bugg, Anton Newcombe, les Parquet Courts ou Mister Jack White pour ne citer qu'eux, tous ces gus ont l'air de prendre un réel pied à faire ce qu'ils font, leitmotiv que je croyais perdu depuis que je suis en âge de vibrer sur un bon « Thunderstruck » des familles.
Sur « Instant Disassembly », j'ai l'impression d'entendre ce dédain et cette pureté qui n'existaient que dans la voix de notre vieil oncle Joe Strummer. L'art du riff simple, mais pas simpliste loin s'en faut, n'est pas perdu : en témoigne cet enchainement jubilatoire d'accords de guitare en introduction de « Ducking & Dodging », titre très politico – punk. Et ces beaux solos de guitares qui pleuvent de partout... sans virtuosité, mais transmettant néanmoins cette envie et ce plaisir de jouer la musique qu'on aime, valeurs propres au rock'n roll des origines, le vrai, le sauvage, le brut de décoffrage, le séduisant, le flamboyant, le fulgurant, le meilleur qui soit, celui de Chuck Berry et d'Angus Young, celui dont la guitare électrique reste l'instrument emblématique, mieux, le prolongement du bras, le canal par lequel passent cette énergie sexuelle débridée et les émotions les plus personnelles des auteurs transmises avec cette conviction hors du commun qui transcendent tout un chacun, même celui qui feint de l'ignorer... pourquoi s'en priver ?