Grant Green – Sunday Mornin' – (1962)
Janvier, avril et juin, voici en réalité les dates de sessions d’enregistrement des trois premiers albums de Grant Green, celui-ci, son troisième, a donc été enregistré le quatre juin soixante et un, bien que paru bien après, en soixante-deux. C’est important car Grant Green était, pourrait-on dire, au cœur de sa meilleure période créatrice.
On sait qu’il a cédé aux sirènes plus commerciales, en provenance de son entourage musical, ici il est authentique et ne s’embarrasse que de son art, de sa façon de jouer et de ce qu’il aime vraiment, cet album est, à cet égard, exemplaire et magnifique.
Kenny Drew est le pianiste ici, son rôle est primordial, il libère Grant Green des carcans musicaux et le laisse vagabonder selon ses souhaits, et ça s’avère formidable. Ben Tucker est à la contrebasse et Ben Dixon à la batterie.
L’album s’ouvre avec « Freedom March », une compo du guitariste qui s’inspire plus que probablement de Martin Luther King, belle pièce qui annonce la haute tenue de l’album, arrive ensuite « « Sunday Mornin’ » titre gospel qui donne son nom à l’album. Puis une reprise, « Exodus » d’Ernest Gold qui est le premier choc de cet album, compo magnifique sublimée par Grand Green qui régale.
On continue aussi haut avec le célèbre « God Bless The Child » de Billie Holiday et Herzog, une version de toute beauté. Une autre compo de green, à tempo plus vif se profile, « Come Sunrise » où il se montre véloce et épate, on intègre complètement qu’avec cet album on a affaire avec ce que Grant a fait de mieux et que cet album rivalise avec son meilleur…
La suite ne fait que confirmer, une reprise de Miles, « Come Sunrise », sur tempo vif, puis « So What » efficace et resplendissante avec un Green toujours autant classe et élégant, il brille et envoûte. Ma version contient un titre bonus absent de l’édition originale, mais en provenance de la même session, « Tracin’ Tracey’ » qui sonne très hard bop et met un point final à cet album majeur.